Le véhicule de fonction du ministre québécois de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques est un véhicule à essence, a reconnu Benoit Charette mercredi matin.

Jean-Thomas Léveillé
Jean-Thomas Léveillé La Presse

Questionné lors d’une mêlée de presse à l’Assemblée nationale sur les révélations de La Presse disant que l’essentiel du parc de véhicules de fonction du gouvernement québécois était composé de véhicules à essence, Benoit Charette a indiqué qu’un tel véhicule avait été mis à sa disposition il y a « quelques mois ».

Le ministre, qui avait déposé la veille un projet de loi prévoyant notamment l’interdiction de la vente de véhicules légers neufs à essence dès 2035, a eu un véhicule hybride rechargeable « pendant une année, une année et demie, peut-être », mais il lui a été retiré en raison d’ennuis mécaniques, a-t-il expliqué.

« On m’en promet un hybride dans les prochaines semaines », a-t-il affirmé.

Le ministre Charette affirme souhaiter que le parc de véhicules du gouvernement soit composé de véhicules à zéro émission (VZE) ou hybrides, mais dit n’avoir aucun pouvoir en la matière, la question étant du ressort du ministère de la Sécurité publique.

Je n’ai aucun, aucun contrôle là-dessus, mais la volonté est exprimée.

Benoit Charette, ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques

Le catalogue de véhicules du ministère de la Sécurité publique ne contient « pas de véhicules 100 % électriques », selon Benoit Charette.

« Il faut vraiment demander à la Sécurité publique comment le choix de ces véhicules-là se fait », a-t-il déclaré.

Questionné par La Presse, le ministère de la Sécurité publique a réitéré son refus signifié plus tôt cette semaine de donner quelque information que ce soit sur le sujet « pour éviter de réduire l’efficacité des mesures de sécurité des personnalités », a indiqué sa porte-parole, Marie-Josée Montminy.

Elle n’a pas non plus expliqué pourquoi le Ministère ne pouvait pas doter les ministres de véhicules électriques.

Un « principe élémentaire »

Le ministre Charette a quant à lui souligné le « principe élémentaire en environnement [qui consiste à] amener les objets à la fin de leur vie utile » avant de les remplacer.

« J’imagine qu’au gré où la flotte va se renouveler, on va passer de plus en plus à des véhicules hybrides, sinon électriques », a-t-il dit.

PHOTO TIRÉE DU SITE ROULEZELECTRIQUE.COM

L’ex-ministre libéral David Heurtel avec sa voiture de fonction hybride, en 2015

Pourtant, les véhicules hybrides ont fait leur entrée dans le parc automobile du gouvernement québécois il y a longtemps : en février 2015, le ministre libéral du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, David Heurtel, avait publié un communiqué pour annoncer que son nouveau véhicule de fonction était une Ford Fusion Energi hybride rechargeable.

Situation opposée à Ottawa

Sur 33 « véhicules protocolaires » du gouvernement du Québec, 24 sont à motorisation à essence, 7 sont hybrides et 2 sont hybrides rechargeables, indique un document obtenu par l’entremise de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels.

En ajoutant les véhicules de « réserve », on dénombre 28 véhicules à essence, 10 hybrides et 5 hybrides rechargeables, précise le document.

Lisez « Hybrides à Ottawa, à essence à Québec »

Le portrait du parc de véhicules de fonction du gouvernement québécois contraste avec la situation à Ottawa, où les véhicules à essence pour les ministres et hauts fonctionnaires sont proscrits depuis 2018.

La Directive sur la gestion du parc automobile du gouvernement fédéral prévoit que les voitures de fonction doivent être des VZE ou des véhicules hybrides.

Le parc actuel est ainsi composé de 25 véhicules hybrides, 5 hybrides rechargeables, 1 électrique et 4 à essence qui ont été achetés avant l’entrée en vigueur de la directive.

Avec Fanny Lévesque, La Presse