(Ottawa) Jugeant que le chemin vers la réconciliation ne peut se faire avec Carolyn Bennett aux commandes du ministère des Relations Couronne-Autochtones, le député sortant Charlie Angus, du NPD, demande à Justin Trudeau de la dépouiller de son portefeuille.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

Après le Bloc québécois, la veille, c’était au tour du Nouveau Parti démocratique (NPD), mardi, de formuler une suggestion à l’intention du premier ministre désigné entourant la composition de son futur conseil des ministres.

Dans le viseur des néo-démocrates : Carolyn Bennett. « Elle ne ne doit pas être nommée au cabinet », a lancé en conférence de presse le député sortant Charlie Angus. Il lui reproche d’avoir « dépensé des millions de dollars pour faire obstruction aux droits des survivants des pensionnats [devant les tribunaux] ».

Et si le gouvernement libéral « est vraiment sérieux quand il dit vouloir établir une relation crédible avec les peuples autochtones, Mme Bennett « ne peut être reconduite à ce poste », car c’est sous sa houlette qu’on a alloué 3,2 millions à une bataille juridique contre un groupe de survivants du pensionnat de Sainte-Anne.

PHOTO JUSTIN TANG, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Charlie Angus

Il a profité de son allocution pour critiquer la décision de Justin Trudeau de passer la toute première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation à la plage de Tofino, en Colombie-Britannique. « Les Canadiens ont été choqués. […] Ce n’était pas un jour férié », a tonné Charlie Angus.

Le premier ministre désigné doit s’atteler à la tâche de sélectionner les membres de son cabinet. Pour l’heure, un seul nom a été confirmé : celui de Chrystia Freeland, qui reprendra ses habits de vice-première ministre et de ministre des Finances lorsque s’ouvrira la 44e législature.

L’identité de ceux qui la rejoindront à la table du conseil des ministres n’est pas connue. Mais dans le camp bloquiste, le député sortant Gabriel Ste-Marie a d’ores et déjà plaidé que Diane Lebouthillier n’avait plus sa place comme ministre du Revenu national.

C’est qu’à la lumière des révélations des Pandora Papers, qui démontrent que les riches continuent d’utiliser les paradis fiscaux sans être importunés par le fisc, Ottawa doit rétablir l’équité fiscale au pays. Et cela passe par la nomination d’une nouvelle personne au volant de ce ministère, a plaidé l’élu sortant.

Avant même le déclenchement de l’élection, les partis d’opposition aux Communes avaient déjà réclamé à l’unisson le renvoi d’un autre ministre : Harjit Sajjan, dont la gestion du fléau de l’inconduite sexuelle dans l’armée a été très critiquée.

Une rentrée adéquatement vaccinée ?

On s’attend à ce que Justin Trudeau dévoile la composition de son cabinet d’ici deux semaines. La date de la reprise officielle des travaux parlementaires, avec le discours du Trône en lever de rideau, n’a pas encore été précisée.

Entre-temps, les candidats qui sont ressortis victorieux du scrutin du 20 septembre dernier ont recommencé à fourmiller sur la colline du Parlement. Le chef bloquiste Yves-François Blanchet a réitéré mardi que l’accès aux édifices devrait être réservé aux personnes qui sont adéquatement vaccinées.

« C’est une mesure qui est rendue largement connue, qui est tout à fait légitime dans une institution comme celle du Parlement, et si quelqu’un ne veut pas s’y assujettir, il n’est pas obligé de venir », a-t-il dit en marge du dévoilement de son cabinet fantôme.

Chez les libéraux, on a affiché un préjugé favorable face à cette requête, la semaine dernière. « Les députés qui décident d’entrer dans la Chambre des communes et dans les salles de comité devraient être pleinement vaccinés, à moins d’une exemption médicale », a écrit un porte-parole du bureau du chef parlementaire du gouvernement en Chambre.

Au Parti conservateur, le chef Erin O’Toole s’est contenté d’offrir, mardi, en conférence de presse, que ses élus allaient « suivre toutes les règles sanitaires ici sur la colline et à travers le pays ». Il n’a pas commenté directement la possibilité qu’une vaccination adéquate soit requise pour mettre les pieds dans les édifices gouvernementaux à Ottawa.

Avec Joël-Denis Bellavance et La Presse Canadienne