(Ottawa) L’ancienne cheffe du Parti vert du Canada, Elizabeth May, a brisé le silence qui lui avait été imposé par la cheffe actuelle, Annamie Paul, pour lui demander de se retirer de ses fonctions.

Catherine Lévesque La Presse Canadienne

Dans une lettre ouverte publiée par le quotidien Toronto Star, Mme May dit que bien que Mme Paul a tenu une conférence de presse, la semaine dernière, dans laquelle elle annonçait son départ de la direction du parti, ce n’est pas encore chose faite. Mme May soutient que Mme Paul aurait déclaré au Conseil fédéral du parti qu’elle n’avait pas démissionné comme cheffe.

Mme May dévoile aussi, dans cette lettre ouverte, que Mme Paul reste en contrôle des communications du parti. Mme May dit aussi avoir reçu une consigne ferme de ne pas s’adresser aux médias. C’est la raison pour laquelle l’ancienne cheffe a refusé toutes les demandes d’entrevues sur le leadership de Mme Paul jusqu’ici, même si le personnel de la cheffe actuelle la critiquait pour son silence.

Jeudi dernier, lors de la première Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, Mme May soutient que Mme Paul a interdit à la nouvelle présidente du Parti vert, Lorraine Rekmans, une Autochtone, d’émettre une déclaration au nom du parti au sujet de cette journée. C’est à ce moment que Mme May a décidé de prendre la parole, malgré les directives de Mme Paul à son endroit.

Mme May enjoint Mme Paul à quitter dans les plus brefs délais pour le bien du Parti vert. Elle dit que les verts n’ont « pas de temps à perdre » pour la reconstruction du parti, après les résultats désastreux de la dernière élection, et que les allégations de Mme Paul au sujet du racisme qu’elle aurait vécu au sein du Parti vert méritent une enquête en bonne et due forme.

Mme May soutient aussi qu’elle n’a pas l’intention de devenir cheffe par intérim du parti en attendant une nouvelle course à la direction.