(Ottawa) Les députés qui ne sont pas pleinement vaccinés ne devraient pas avoir le droit de mettre les pieds à la Chambre des communes tant et aussi longtemps qu’ils n’auront pas obtenu leurs deux doses du vaccin, estime le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse

Réclamant le rappel du Parlement dans les plus brefs délais afin de s’attaquer à la crise sanitaire qui continue de sévir, M. Blanchet a affirmé que tous les élus devraient être en mesure de participer en personne aux travaux parlementaires. Il s’oppose ainsi à la formule de séance hybride de la Chambre des communes en vertu de laquelle un nombre limité d’élus pouvaient être sur les lieux tandis que la grande majorité participait aux débats par visioconférence. Cette formule a été en vigueur durant une bonne partie de la pandémie.

« On est capable d’envoyer du monde dans un cinéma. On est capable d’envoyer du monde dans un Parlement. On est capable de prendre toutes les mesures de sécurité requises », a affirmé le chef bloquiste.

Interrogé pour savoir quel sort devrait être réservé aux députés qui ne sont pas vaccinés, M. Blanchet a déclaré : « Ils ne devraient pas rentrer dans le Parlement ».

Durant la campagne électorale, le chef du Parti conservateur Erin O’Toole s’est retrouvé sur la défensive en refusant de dire si l’ensemble des candidats qui ont brigué les suffrages sous la bannière conservatrice étaient pleinement vaccinés. Le chef libéral Justin Trudeau, le leader néo-démocrate Jagmeet Singh et M. Blanchet ont assuré que tous les candidats de leur formation politique respective avaient obtenu leurs deux doses.

Les libéraux de Justin Trudeau estiment aussi que les députés doivent prêcher par l’exemple.

« On croit que les députés qui décident d’entrer dans la Chambre des communes et dans les salles de comité devraient être pleinement vaccinés, à moins d’une exemption médicale. Ça va être au cœur des discussions au sujet du retour du Parlement. C’est une question de sécurité pour tous les députés, leurs communautés et pour tout le personnel de la Chambre des communes », a indiqué Simon Ross, porte-parole du leader du gouvernement en Chambre, le ministre Pablo Rodriguez.

« Pendant l’élection, les candidats libéraux devaient être pleinement vaccinés, à moins d’avoir une exemption médicale. Cette exigence s’applique maintenant aux députés libéraux. Malheureusement, Erin O’Toole a décidé de ne pas appliquer le même standard de santé publique aux candidats conservateurs. Avec le retour du Parlement cet automne, ça va être un enjeu important », a-t-il ajouté.

Mardi, le premier ministre Justin Trudeau a indiqué qu’il dévoilera son nouveau cabinet en octobre, sans donner une date précise. Il a toutefois reconduit la ministre des Finances Chrystia Freeland dans ses fonctions.

M. Trudeau a aussi indiqué que les travaux parlementaires reprendront avant la fin de l’automne, sans donner une date précise encore une fois.

Selon le chef bloquiste Yves-François Blanchet, rien ne justifie que la Chambre des communes ne reprenne pas rapidement ses travaux, étant donné que les électeurs canadiens ont essentiellement opté pour le statu quo parlementaire aux élections du 20 septembre.

« On pourrait commencer à travailler bien plus tôt que ça. Je pense que la date qu’il se fixe pour former un conseil des ministres devrait être la date à laquelle on reviendrait au Parlement. Après tout, c’est le même gouvernement, essentiellement, qui va se prolonger. Je réitère que l’élément le plus important auquel il faut s’attarder, c’est la sortie de pandémie », a dit M. Blanchet.

Il a aussi affirmé que tous les projets de loi qui étaient à l’étude avant le déclenchement des élections à la mi-août devraient être ramenés à la même étape pour en accélérer l’adoption.

« Il faut recommencer à travailler de la façon normale. Je ne souhaite pas qu’on se retrouve de nouveau dans des espèces de négociations qui, sous prétexte de protéger la santé publique, vont devenir des manipulations de la démocratie éminemment gênantes. Les Canadiens et les Québécois ont élu 338 personnes dont le lieu de travail est la Chambre des communes, et c’est là que ça doit se passer. Les règles de sécurité existent. Elles sont validées, elles sont vérifiées, on sait que ça fonctionne, il faut s’en tenir à ça. »