(Québec) La députée libérale de la circonscription d’Anjou–Louis-Riel à Montréal, Lise Thériault, ne sera pas candidate aux élections de 2022. Elle est la première élue de sa formation politique à annoncer son départ à la fin du mandat, alors que commence l’année préélectorale à Québec.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Élue pour la première fois à l’élection partielle d’avril 2002, Mme Thériault a depuis siégé de façon ininterrompue. La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, avait demandé à ses députés de lui indiquer au cours de l’été s’ils comptaient être sur la ligne de départ de la prochaine campagne électorale.

« Moi, je n’ai jamais pensé qu’un jour, je serais la doyenne de ma formation [politique]. La vie, c’est important aussi et je veux en profiter. Je n’ai pas de plan, je n’ai pas de plan de carrière, je n’ai pas d’offre d’emploi non plus. On verra dans le temps comme dans le temps », a-t-elle dit lundi, excluant d’être candidate aux élections municipales cet automne.

« Vingt ans en politique, ce n’est pas tous les jours qu’on voit ça. Lise a été capable de le faire avec honnêteté, avec détermination, avec fougue [et] avec franchise », a déclaré Dominique Anglade.

Mme Thériault restera députée jusqu’à la fin du présent mandat. Elle a annoncé l’identité de sa successeure, Chantal Gagnon, qui travaille pour le Service d’aide et de référencement aîné d’Anjou. Lors de la course à la direction du Parti libéral, l’actuelle cheffe Dominique Anglade avait pourtant promis des investitures ouvertes, à quelques exceptions près, pour avoir moins de candidatures imposées par le parti.

Les membres « [doivent avoir] l’opportunité de choisir les gens qui vont les représenter […]. Donc des investitures ouvertes, avec des exceptions », avait-elle dit. Mme Gagnon, officiellement candidate libérale pour l’élection de 2022, s’inscrit donc comme une de ces exceptions.

Vingt ans de politique

Lise Thériault quittera la politique à la fin de son mandat en ayant passé plus de 20 ans à l’Assemblée nationale. Prenant un pas de recul, elle constate que plusieurs choses ont changé en deux décennies, comme la place centrale qu’occupent désormais les réseaux sociaux et le leadership au féminin.

« Quand je suis arrivée, [les femmes représentaient] à peine le tiers [de l’Assemblée]. […] Je pense qu’on fait de la politique beaucoup plus avec son cœur aujourd’hui », a-t-elle analysé.

Pour la députée d’Anjou–Louis-Riel, le fait que le clivage entre souverainistes et fédéralistes soit moins présent n’est que temporaire. Elle ne croit pas les anciens souverainistes qui disent aujourd’hui qu’ils ne le sont plus, à l’image du premier ministre François Legault.

« Moi, je pense que ça sera toujours latent. Un souverainiste, c’est un souverainiste. Moi, personne ne va me faire avaler une couleuvre en me disant qu’un souverainiste, ce n’est plus un souverainiste aujourd’hui. […] Un jour, ça sera une question de temps et [la question] reviendra. Chassez le naturel et il revient au galop », a-t-elle déclaré.

Ministre plusieurs fois

Quand les libéraux étaient au pouvoir, Mme Thériault a été tour à tour ministre de l’Immigration, ministre déléguée aux Services sociaux et ministre du Travail, où elle s’est illustrée dans un affrontement avec la FTQ. Elle a aussi occupé à travers les années les postes de ministre de la Sécurité publique, de ministre responsable de la Condition féminine et de vice-première ministre, entre autres.

À la Condition féminine, Mme Thériault avait fait des vagues, en 2016, alors qu’elle ne se disait pas féministe. « Je suis beaucoup plus égalitaire que féministe », avait-elle déclaré à La Presse Canadienne.

Appelée à préciser une nouvelle fois sa pensée, elle a dit vouloir « mettre les points sur les i et les barres sur les t ».

« Ce que j’ai dit, c’est ce que je ne voulais pas me revendiquer du féminisme revanchard comme on l’a connu dans les années 1980, 1990 et au début des années 2000. Ce que j’ai dit, c’est que les femmes vont avancer avec la complicité des femmes, certes, mais qu’elles pouvaient avancer également avec la complicité des hommes. […] C’est en ayant des hommes à nos côtés qu’on était capables d’avancer et non pas en se liguant contre eux », a-t-elle dit.