(Ottawa) Le premier ministre Justin Trudeau a consacré une partie de son discours du dernier vendredi avant la fin des travaux du Parlement à accuser l’opposition de partisanerie et d’obstruction. Rien pour faire taire les rumeurs d’élections qui circulent depuis plusieurs semaines.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

Égrenant un chapelet de projets de loi dont l’adoption tarde à se concrétiser, le premier ministre s’en est pris à l’ensemble des partis d’opposition, disant regretter le niveau de « toxicité » des débats à la Chambre des communes.

« Franchement, je ne pense pas que quiconque soit surpris que le Parti conservateur fasse de l’obstruction. Mais il est décevant de voir le NPD et le Bloc se joindre à ces jeux politiques », a-t-il laissé tomber au pas de sa résidence de Rideau Cottage, lui qui rentre d’Europe, où il a participé aux sommets du G7 et de l’OTAN.

Il a particulièrement critiqué la motion de censure conservatrice visant son ministre de la Défense, Harjit Sajjan, qui a été déposée jeudi par les conservateurs. Les parlementaires ont consacré plusieurs heures à en débattre avant de l’adopter tard en soirée.

« Ils [les conservateurs] ont lancé une attaque politique grossière contre un homme qui a passé sa vie à servir son pays — en tant que policier, en tant que soldat décoré qui a effectué trois missions en Afghanistan, et maintenant en tant que ministre de la Défense nationale », a dénoncé Justin Trudeau.

« Pendant que [le chef] Erin O’Toole fait de la petite politique malhonnête, nous, dans notre équipe, on reste concentrés sur les vrais enjeux. On soutient les membres des Forces armées. On vous soutient vous et votre famille », a-t-il argué.

Le premier ministre n’a pas voulu dire clairement si, en y allant de cette charge, il envoyait le signal que le Parlement était rendu dysfonctionnel, et qu’il était donc temps de se rendre à Rideau Hall pour demander sa dissolution.

Il a cependant avancé que les Canadiens surveillaient étroitement le comportement des partis de l’opposition.

Les députés fédéraux doivent quitter la colline du Parlement pour rentrer chez eux mercredi prochain, selon le calendrier des travaux parlementaires.

Le Parti conservateur a tenu à répliquer aux accusations du premier ministre. Par voie de communiqué, le chef parlementaire de la formation, Gérard Deltell, y voit un signe de « panique » à l’aube de la relâche estivale.

« Les libéraux n’ont aucune crédibilité quand ils accusent les autres de retarder leur ordre du jour législatif. Ce sont les libéraux qui ont prorogé le Parlement pendant des semaines pour éviter les conséquences du scandale WE Charity, une décision qui a balayé leur agenda législatif », a-t-il plaidé.