(Ottawa) Seuls deux députés indépendants se sont officiellement opposés à la motion bloquiste qui engage les élus fédéraux à prendre acte de la décision du gouvernement Legault de modifier la Constitution pour y inscrire que le Québec est une nation ayant le français comme langue commune.

Lina Dib La Presse Canadienne

La motion qui vient ainsi réagir au projet de loi 96 de Québec a été adoptée aux Communes, mercredi après-midi, par 281 voix pour et deux voix contre.

On a pu compter 16 abstentions chez les conservateurs, 29 chez les libéraux, cinq chez les néo-démocrates, et la députée du Parti vert Elizabeth May n’a pas voté non plus.

Difficile d’interpréter les absences de vote qui peuvent avoir une foule de raisons.

Pendant le débat sur la motion la veille, trois députés qui n’ont pas voté mercredi ont indiqué leur inconfort face à la motion.

Le député libéral montréalais Anthony Housefather aurait voulu amender la motion pour protéger la minorité anglophone du Québec de l’impact du projet de loi 96.

Mme May, elle, a douté du droit d’une province de modifier ainsi la Constitution.

De son côté, la députée néo-démocrate Leah Gazan s’est inquiétée de l’impact de la motion sur la protection des langues autochtones.

On peut donc supposer que ces trois absences étaient motivées par les opinions que ces trois députés ont exprimées sur la motion.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a poussé la lecture des absences au vote un peu plus loin.

« Je ne connais pas les motivations individuelles de chacun des députés qui a choisi de s’abstenir. Je constate qu’il y a davantage de députés libéraux québécois qui s’opposent à l’idée de nation québécoise que ce qu’on trouve ailleurs. Et c’est assez révélateur du travail que le Parti libéral du Canada a à faire, soit pour rallier ses troupes, ou soit pour révéler son vrai visage », a-t-il dit à sa sortie des Communes.

Il manquait 11 députés libéraux québécois au vote sur la motion bloquiste.

La motion

« Que cette chambre convienne que l’article 45 de la Loi constitutionnelle de 1982 confère au Québec et aux provinces la compétence exclusive pour modifier leurs constitutions respectives ; et prenne acte de la volonté du Québec d’inscrire dans sa constitution que les Québécoises et les Québécois forment une nation, que le français est la seule langue officielle du Québec et qu’il est aussi la langue commune de la nation québécoise », dit la motion adoptée par la Chambre des communes.