(Québec) Le député de la circonscription de Bonaventure en Gaspésie, Sylvain Roy, claque la porte du Parti québécois et siégera à l’avenir à titre d’indépendant. Il explique avoir pris cette décision en raison d’un « évènement » récent qui a « brisé le lien de confiance » qu’il avait envers le nouveau chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

Mis à jour le 4 juin 2021
Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Sur Twitter, M. Roy a écrit vendredi qu’il « demeure un militant de notre liberté, de notre émancipation et de l’obligation de nous faire respecter que ce soit comme nation ou comme individu ». Il n’indique pas s’il sera candidat aux prochaines élections provinciales, à l’automne 2022, et n’a pas donné de point de presse au Parlement ni répondu aux demandes d’entrevue de La Presse.

En perdant Sylvain Roy comme membre du caucus, le Parti québécois ne compte plus que sept députés à l’Assemblée nationale, alors qu’il en avait 10 au lendemain des élections d’octobre 2018. Depuis, la députée de Marie-Victorin, Catherine Fournier, a quitté le parti et siège comme indépendante. Le député de Rimouski, Harold LeBel, arrêté pour agression sexuelle, a été exclu du caucus pour toute la durée du processus judiciaire.

« Le lien de confiance était effrité depuis quelques mois. Nous avons tenté toutes sortes de manières de bâtir une relation de confiance », a réagi Paul St-Pierre Plamondon.

« Le parti est dans un processus de renouvellement qui amène des gens à adhérer et d’autres à quitter. Moi, je veux que ça se fasse dans le respect », a ajouté le chef péquiste, précisant qu’on pourra « juger de [son] côté rassembleur à la qualité des candidatures » du parti aux prochaines élections.

Le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, a pour sa part accueilli le départ de son ancien collègue Sylvain Roy « avec soulagement ».

« Notre chef vient d’exprimer plusieurs mésententes, des difficultés d’arrimages sur un certain nombre de dossiers. Ça [devenait] difficile », a-t-il dit.

En avril dernier, Sylvain Roy s’était opposé à l’application de la loi 101 au cégep, alors que les délégués de son parti adoptaient cette position en Conseil national. En entrevue sur les ondes d’une radio gaspésienne, M. Roy avait précisé qu’il n’était pas pour autant en rupture avec son parti pour cette raison.

M. Roy a été élu pour la première fois député de Bonaventure aux élections générales de 2012, qui avaient porté la première ministre péquiste Pauline Marois au pouvoir. Au cous de la présente législature, il était porte-parole du PQ en matière d’agriculture et d’alimentation, en matière d’enseignement supérieur, d’habitation, de développement régional, de forêts, de faune et de pêcheries, entre autres.

Le député avait également mené sa dernière campagne électorale en combattant un cancer de la gorge, duquel il a déclaré être guéri en juin 2019.