(Ottawa) Le Bloc québécois tentera de faire adopter une motion pour enjoindre le gouvernement à faire tout en son pouvoir pour éviter un appel aux urnes « tant et aussi longtemps » que durera la pandémie.

Mélanie Marquis
Mélanie Marquis La Presse

La formation politique consacrera sa journée d’opposition à la Chambre des communes à cette proposition, jeudi. Sa motion sera débattue entre députés, mais elle ne sera pas soumise au vote avant le 25 mai prochain, puisque les députés ne siègent pas la semaine prochaine.

La motion bloquiste stipule que « de l’avis de la Chambre, tenir des élections en temps de pandémie serait irresponsable, et qu’il est de la responsabilité du gouvernement de tout mettre en œuvre pour éviter que les électeurs soient appelés aux urnes tant et aussi longtemps que durera cette pandémie ».

Les partis d’opposition accusent depuis des semaines le gouvernement Trudeau d’échafauder une campagne électorale en pleine pandémie, ce dont les libéraux se défendent — en fait, ils reprochent la même chose à leurs adversaires.

Si tous sont sur la même longueur d’onde, la motion devrait ainsi logiquement faire consensus, plaide le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet. « Le libellé de la motion est fait de telle sorte que je n’imagine vraiment pas comment quelqu’un peut être contre », a-t-il exposé en entrevue.

« Les gens voteront selon leur conscience », a ajouté le leader bloquiste.

L’adoption d’une motion à la Chambre des communes n’a rien de contraignant pour le gouvernement.

En début de semaine, les libéraux ont limité les débats en Chambre sur le projet de loi C-19, lequel vise à encadrer la tenue possible d’une élection dans un contexte de crise sanitaire. La mesure législative a été adoptée en deuxième lecture mardi, ce qui l’envoie en comité parlementaire pour une étude approfondie.

Les partis d’opposition ont vu en cette manœuvre de bâillon une confirmation de leurs suspicions quant aux velléités électorales des troupes de Justin Trudeau. Encore une fois, mercredi, lors de période des questions, le premier ministre s’est défendu de caresser le projet d’envoyer les citoyens aux urnes.

« Dans les derniers mois, les partis d’opposition ont voté en faveur d’élections 14 fois », a-t-il laissé tomber, en faisant allusion au cumul des votes sur des projets de loi ou des motions qui mettaient en jeu la survie du gouvernement.

Les libéraux ont obtenu un mandat minoritaire il y a près de deux ans, soit le 21 octobre 2019.