(Ottawa) La Chambre des communes a approuvé jeudi matin un projet de loi pour mettre fin à la grève des 1150 débardeurs du port de Montréal.

Joan Bryden
La Presse Canadienne

Les députés du Parti conservateur ont joint leurs voix au Parti libéral minoritaire pour assurer l’adoption du projet de loi C-29 par 255 voix contre 61. Trois députés libéraux, de même que ceux du Bloc québécois, du Nouveau Parti démocratique et du Parti vert ont voté contre.

Le projet de loi impose le retour au travail à 0 h 01 suivant la sanction de la loi, à défaut de quoi le syndicat et l’employeur sont passibles d’amendes de 100 000 $ par jour d’infraction.

La sanction de la loi devra attendre encore. Le projet de loi prend le chemin du Sénat, qui a été convoqué pour vendredi.

En vertu de la « Loi prévoyant la reprise et le maintien des opérations au port de Montréal », c’est un médiateur-arbitre qui devra déterminer le contenu de la prochaine convention collective.

Les activités au port se sont arrêtées lundi matin, depuis que les débardeurs ont entamé une grève, provoquant la fermeture complète de l’un des ports les plus achalandés du Canada, par lequel des millions de tonnes de marchandises transitent chaque année.

La ministre du Travail, Filomena Tassi, a déclaré que si la grève se prolongeait, cela coûterait à l’économie de 40 à 100 millions par semaine.

La ministre plaide que c’est une question de vie ou de mort parce que la grève a eu pour effet de laisser dans des conteneurs d’expédition des fournitures médicales et des produits pharmaceutiques essentiels dans la lutte contre la COVID-19.

Mme Tassi a déclaré mercredi à la Chambre des communes que la situation était « désastreuse ». Le gouvernement « doit agir » pour la santé et la sécurité des Canadiens, ainsi que l’économie, a-t-elle soutenu.

Mme Tassi affirme que le projet de loi spéciale représente un dernier recours après plus de deux ans d’efforts vains pour trouver une solution négociée.

Les travailleurs du port sont sans contrat de travail depuis décembre 2018 et ont commencé à refuser les heures supplémentaires et le travail de fin de semaine plus tôt ce mois-ci.

Le syndicat avait auparavant organisé une grève de dix jours en août.

Le Syndicat canadien de la fonction publique, qui représente les débardeurs, affirme que le conflit actuel a été déclenché par l’employeur, l’Association des employeurs maritimes, qui a imposé des heures de travail prolongées sans consulter les travailleurs.

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a déclaré que la grève pourrait être interrompue immédiatement si le gouvernement fédéral ordonnait à l’association patronale d’annuler les changements d’horaire de travail.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a souligné que le projet de loi sape le droit à la négociation et nuira à long terme aux relations entre les débardeurs et leur employeur, ce qui entraînera des tensions plus tard.

Les conservateurs ont également reproché au gouvernement de ne pas en faire assez pour éviter la grève. Mais le chef du parti, Erin O’Toole, a dit que son parti appuierait le projet de loi en raison des dommages potentiels qu’une grève prolongée pourrait causer à l’économie canadienne.