(Québec) Pour la première fois depuis 2018, le Parti québécois (PQ) repasse en tête en matière de financement et en nombre de donateurs.

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

Le PQ espère y voir le signe d’un « changement de tendance ».

Au premier trimestre de 2021, le PQ a récolté 118 000 $. C’est près de 50 % de plus que la Coalition avenir Québec (CAQ), à 83 755 $. Québec solidaire (QS) suit avec 64 000 $ et le Parti libéral du Québec (PLQ) ferme la marche avec 30 325 $.

Cet afflux de dons permettra notamment au parti de rembourser plus rapidement sa lourde dette accumulée, d’ici à la fin de l’année.

Ainsi, le parti sera en « parfaite santé financière » en vue des élections de 2022, a indiqué le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

Quant au nombre de contributeurs, le PQ culmine aussi avec 1424 donateurs, contre 917 pour la CAQ. Le quart de ces contributeurs sont de nouveaux donateurs, a-t-il précisé.

En entrevue avec La Presse Canadienne, il s’est réjoui de ces résultats financiers, lui qui a été élu à la tête de la formation en octobre, il y a à peine six mois.

« Un nouveau cycle »

« Ça s’explique par le début d’un nouveau cycle, résolument tourné vers le projet d’indépendance. On voit un retour de la légitimité du sujet de l’indépendance dans l’actualité, dans l’espace public. »

Il s’est même avancé à y voir d’autres signaux encourageants qui pourraient se traduire en votes au scrutin de 2022.

« Historiquement, les changements de tendance dans le financement sont souvent précurseurs de changements dans l’électorat, dans les intentions de vote. Ce sera intéressant de voir si on continue sur cette lancée. »

Quel est le profil démographique des donateurs, que ce soit ceux qui souscrivent pour la première fois ou les réguliers ? « On n’est pas encore rendu là dans notre analyse. »

Le PQ, qui est à l’origine de la loi sur le financement des partis, a toujours eu le bassin le plus large de donateurs.

Mais en 2018, le parti a subi la débâcle électorale et est passé du statut d’opposition officielle à seulement 10 députés. Son chef Jean-François Lisée a démissionné et un intérim a été assumé par Pascal Bérubé jusqu’à l’élection du nouveau chef en octobre dernier. Un parti en reconstruction et sans chef a toujours plus de mal à récolter du financement politique.

Nombre de membres

Le PQ compte une quarantaine de milliers de membres. C’est beaucoup plus que les autres partis, mais beaucoup moins que les 80 000 ou plus de 100 000 qu’il a déjà eus dans les belles années du militantisme politique, les décennies 70, 80, 90.

« On peut rêver de vendre plus de cartes, mais partout en Occident, les effectifs des partis sont en chute libre, constate M. St-Pierre Plamondon. Est-ce qu’on peut se dresser contre cette tendance ? »

Il y a donc une réflexion à mener sur la carte de membre, a-t-il poursuivi. « Qu’est-ce qui peut rendre cette participation plus attrayante et mieux adaptée à la réalité de 2021 ? » se demande-t-il.