(Ottawa ) Le Canada et les États-Unis s’engagent à travailler « main dans la main » afin de lutter contre les changements climatiques et de mettre en œuvre des politiques qui permettront aux deux pays d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

Au terme d’un sommet virtuel de près de deux heures, le premier ministre Justin Trudeau et le président des États-Unis Joe Biden ont annoncé la tenue prochaine d’une conférence ministérielle de haut niveau visant à « aligner nos politiques et nos objectifs » afin de parvenir à la carboneutralité sur la majeure partie du continent nord-américain d’ici trois décennies.

Après avoir récemment réintégré l’Accord de Paris sur les changements climatiques, le président Biden annonce que les États-Unis ont « l’intention de démontrer [leur] leadership afin d’encourager d’autres pays à élever leurs propres ambitions ».

« Nous allons redoubler nos efforts pour lutter contre les changements climatiques », a aussi martelé le président américain dans sa déclaration après le sommet.

Au tout début de la rencontre, Justin Trudeau avait tenu à saluer la volonté du nouveau locataire de la Maison-Blanche de faire de la lutte contre les changements climatiques l’un des grands axes de la relance économique et de la politique étrangère de sa nouvelle administration.

« Le leadership américain nous a vraiment manqué depuis quelques années », a-t-il lancé.

Au terme du sommet, le premier ministre est revenu sur cet enjeu.

« Ici au Canada, l’innovation et l’énergie propre occuperont une place cruciale dans notre plan pour rebâtir notre économie. […] Il faut continuer de poser des gestes significatifs pour respecter l’Accord de Paris et atteindre nos objectifs en termes de carboneutralité », a-t-il souligné.

Ce sommet virtuel a donc permis d’établir une nouvelle feuille de route dans les relations entre les deux pays qui jettera les bases d’un « partenariat renforcé ».

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Le président des États-Unis Joe Biden et le secrétaire d’État Anthony Blinken

Entre autres choses, les deux pays s’engagent à travailler en étroite collaboration pour lutter contre la pandémie de COVID-19 et soutenir une reprise économique « des deux côtés de la frontière » qui profitera à tous, et non pas « aux plus riches ». Le Canada et les États-Unis entendent aussi renforcer leur collaboration en matière de défense continentale, en modernisant notamment le NORAD, et à collaborer afin de consolider les institutions internationales comme l’OTAN et l’Organisation mondiale du commerce.

« Les États-Unis n’ont pas d’ami plus proche que le Canada », a de nouveau affirmé le président Biden, qui avait d’ailleurs rappelé au début du sommet qu’il avait téléphoné en premier à Justin Trudeau après son arrivée au pouvoir et qu’il tenait la première rencontre bilatérale de son mandat avec son allié canadien.

Comme prévu et comme le souhaitait Justin Trudeau, le président Biden a réclamé la libération des deux Canadiens Michael Spavor et Michael Kovrig, qui sont toujours emprisonnés en Chine.

« On ne troque pas des êtres humains comme des jetons », a affirmé le président Biden. « Nous allons travailler ensemble jusqu’à ce que nous obtenions leur libération et leur retour en toute sécurité au Canada. Le Canada et les États-Unis vont demeurer unis contre l’abus des droits universels », a-t-il ajouté.

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Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, la vice-première ministre Chrystia Freeland, qui est aussi ministre des Finances, et le ministre des Affaires étrangères, Marc Garneau

Le premier ministre a fait écho aux propos de son homologue américain. « Partout dans le monde, on doit défendre les valeurs et les intérêts qu’on a en commun, par exemple en renouant des alliances et en soutenant les institutions multilatérales. À ce propos, je tiens à remercier le président Biden pour son soutien dans le dossier de la libération de Michael Kovrig et de Michael Spavor en détention arbitraire en Chine », a-t-il dit.

Ce sommet virtuel a eu lieu à peine un mois après la prestation de serment de M. Biden comme président des États-Unis et doit revigorer les relations canado-américaines, qui ont été malmenées durant le règne tumultueux de l’ancien président Donald Trump.

Le gouvernement Trudeau souhaite d’ailleurs profiter des relations cordiales avec Washington afin de convaincre l’administration Biden d’accorder au Canada une exemption des politiques protectionnistes telles que le Buy America qui pourraient être imposées dans le plan de relance américain. Il a été impossible de confirmer si ce dossier a été abordé de front mardi.

La vice-présidente Kamala Harris et le secrétaire d’État Anthony Blinken ont aussi participé à ce sommet en compagnie du président Biden, tandis que la vice-première ministre Chrystia Freeland, qui est aussi ministre des Finances, et le ministre des Affaires étrangères Marc Garneau ont pris part aux discussions.

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La vice-présidente Kamala Harris

Prenant la parole au début de la rencontre devant les caméras, Mme Harris a fait allusion « aux belles années » qu’elle a passées à Montréal durant son adolescence alors que sa mère enseignait à l’Université McGill. Durant ces années à Montréal, « j’ai compris à quel point nous avons beaucoup de valeurs en commun », a-t-elle glissé.