(Québec) Contrairement aux prétentions du premier ministre François Legault, le maire de Québec Régis Labeaume assure qu’il s’est montré ouvert à modifier son projet de tramway à la demande du gouvernement.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

« Dans tout ça, depuis des mois, nous sommes flexibles. On l’a été. On n’a jamais bloqué des propositions de changement inutilement », a dit vendredi M. Labeaume en marge d’une conférence de presse.

L’élu, qui porte son projet de tramway à bout de bras depuis mars 2018, n’a pas voulu s’étendre davantage sur l’impasse avec le gouvernement. « On va faire le point à un autre moment », a simplement ajouté le maire.

Le gouvernement du Québec a fait savoir cette semaine qu’il retirait son appui au tracé privilégié par Régis Labeaume. La province veut plutôt proposer son propre tracé pour selon elle mieux desservir les banlieues de la capitale.

« Régis Labeaume n’est ouvert à aucun changement. Ce qu’on a décidé, c’est qu’on va travailler un projet qui, selon nous, répond mieux aux besoins des banlieues de Québec », a lancé jeudi le premier ministre.

« On va le présenter éventuellement à Régis Labeaume. […] Moi, j’ai confiance qu’il va finir par être ouvert à des changements. »

Le Soleil rapportait vendredi que la Ville de Québec avait bel et bien soumis une version modifiée de son projet au gouvernement en décembre dernier. La proposition a aussitôt été écartée par le gouvernement.

Quel échéancier ?

Des négociations ont eu lieu pendant des mois derrière des portes closes. Le gouvernement était visiblement insatisfait du tracé, qui devait se rendre de Cap-Rouge à Charlesbourg, en passant par le centre-ville de Québec.

Mais contrairement à la Ville, le gouvernement de la CAQ n’a pas encore fait connaître le tracé qu’il privilégie.

Québec avait promis de financer le projet de 3,3 milliards à hauteur de 1,8 milliard. Ottawa doit avancer 1,2 milliard.

L’impasse entre la Ville et Québec a retardé le projet. Le maire de Québec espérait lancer au plus vite un appel d’offres pour trouver le consortium responsable de construire le nouveau réseau, qui devait être en service d’ici 2026.

Un nouvel échéancier n’a pas encore été présenté par le gouvernement, nouveau promoteur du projet. Mais François Legault a laissé entendre qu’il pourrait de nouveau être soumis à une évaluation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) « s’il y a une grande différence dans le tracé ».