(Québec)
Les libéraux et les péquistes tapent du pied pour que Québec annonce un assouplissement des mesures sanitaires qui permettraient aux régions où la contamination communautaire est moins forte de rouvrir progressivement leur économie après le 8 février.

Mis à jour le 25 janv. 2021
Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse
Fanny Lévesque
Fanny Lévesque La Presse

Les deux formations politiques entamaient lundi leur caucus d’avant-session parlementaire, alors que les travaux doivent reprendre la semaine prochaine au Parlement. Or, des discussions entre les leaders de tous les partis se poursuivent afin de définir si la période des questions reprendra comme prévu le 2 février, et quelle proportion des travaux se dérouleront de façon virtuelle.

Entre-temps, le Parti québécois invite le gouvernement Legault à créer après le 8 février — date actuelle de la fin du couvre-feu — une « bulle Est-du-Québec », comme il y a eu par le passé une bulle formée des provinces atlantiques. Un contrôle routier pourrait même revenir sur l’autoroute 20 à partir de La Pocatière, estime le chef péquiste parlementaire et député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé.

Selon lui, imposer un confinement strict et la fermeture de tous les commerces au-delà du 8 février dans les régions moins touchées par la pandémie pourrait avoir des effets négatifs sur le soutien des Québécois aux mesures sanitaires. « À partir du 8 février, ça prend une approche différenciée entre les régions », a-t-il dit lundi, au premier jour du caucus d’avant-session parlementaire à Québec.

« Si les citoyens sentent [qu’on leur en demande trop] compte tenu des chiffres qui leur sont accessibles, ça va créer un effet négatif. Les gens seront moins mobilisés », estime M. Bérubé.

La cheffe libérale, Dominique Anglade, estime également que Québec devrait « éviter le mur-à-mur » lorsqu’il sera question de déconfiner la province.

PHOTO PAUL CHIASSON, LA PRESSE CANADIENNE

La cheffe libérale, Dominique Anglade

« Évidemment, on veut respecter les règles de la Santé publique, mais s’il y a des régions, et de manière sécuritaire, qui sont capables de respecter d’autres règles, je pense que ça doit être considéré », a précisé Mme Anglade. Les libéraux tiennent eux aussi leur caucus pré-sessionnel jusqu’à mardi.

Elle appelle néanmoins le gouvernement Legault à prendre ses décisions « avec précaution » pour « ne pas qu’on se retrouve dans une situation où les règles ont été modifiées » et qu’on doive reculer ensuite.

Une reprise des débats

Pour Mme Anglade, il semble « un peu illusoire » que l’ensemble des travaux de l’Assemblée nationale se tienne de manière virtuelle dès la reprise le 2 février.

« C’est évident qu’il y a des portions de travail qui sont très difficile à faire à l’extérieur de l’Assemblée nationale, que ce soit les périodes de questions ou […] pour les commissions [parlementaires] », a-t-elle illustré, ajoutant qu’elle a « beaucoup de questions à poser » à François Legault au sujet de sa gestion de la pandémie.

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon est aussi réfractaire à l’idée de repousser le début des travaux parlementaires. Selon lui, la démocratie et le parlementarisme sont « essentiels », même en pandémie, et des mesures additionnelles peuvent être prises pour assurer que les députés exercent leur travail en toute sécurité.

M. St-Pierre Plamondon estime également que les budgets consacrés par Québec en publicités pour lutter contre la COVID-19 représentent des formes de propagande.

« Il ne faut pas se leurrer sur le fait que la publicité, par définition, c’est une forme de propagande. Donc, lorsqu’on a un budget illimité en propagande pour planter certaines idées dans la tête de la population et que les partis de l’opposition n’ont même pas d’espace pour remettre en question certains aspects de gestion de la pandémie, on a une démocratie qui est nettement affaiblie », a-t-il déclaré.

« Le nouveau chef du PQ a malheureusement échoué à son test de crédibilité avec des affirmations de la sorte. Je suis réconforté qu’il ne soit pas aux commandes de l’État pour gérer cette pandémie mondiale aux nombreuses répercussions », a répliqué sur Twitter le ministre de l’Environnement Benoit Charette.

Québec solidaire tiendra son caucus pré-sessionnel mardi et mercredi, et sera suivi de la Coalition avenir Québec jeudi et vendredi.