(Ottawa) Les députés seront de retour à la Chambre des communes, lundi, après une pause d’un mois qui n’a pas été de tout repos pour les principaux partis fédéraux.

Lee Berthiaume
La Presse Canadienne

L’un des premiers éléments à l’ordre du jour des députés sera de déterminer la manière dont le Parlement continuera de fonctionner pendant la pandémie de COVID-19. Ils devront notamment décider s’ils laissent les élus suivre les débats à distance et s’il convient d’adopter une nouvelle application pour les parlementaires qui ne votent pas en personne.

Le cabinet du leader parlementaire du gouvernement, Pablo Rodriguez, a indiqué dimanche que des « discussions constructives » se sont déroulées avec les autres partis. Il semble que la mesure sera adoptée sans trop de difficultés.

Cet accord risque d’être une exception plutôt que la règle au cours de la prochaine session. Les partis d’opposition ont déjà fait savoir qu’ils avaient l’intention de mener la vie dure au gouvernement sur de nombreux sujets, à commencer par la lutte contre la pandémie.

Le gouvernement est également sur le point de déposer un projet de loi visant à empêcher les personnes ayant fait un voyage non essentiel à l’extérieur du pays de bénéficier d’une aide fédérale allant jusqu’à 1000 $ pendant leur quarantaine de deux semaines.

Vaccination

Mais la lenteur des campagnes de vaccination et le retard imminent dans la livraison des vaccins de Pfizer devraient retenir davantage l’attention des élus. Les partis d’opposition voudront obtenir des réponses du gouvernement et chercheront à lui en faire porter le chapeau.

Le leader parlementaire du NPD, Peter Julian, et le porte-parole conservateur en matière de politique étrangère, Michael Chong, ont tous deux ouvert la porte à des audiences d’un comité parlementaire sur la question.

« Pourquoi les autres pays devancent-ils le Canada à ce chapitre ? demande M. Julian. C’est la question à laquelle le gouvernement devra répondre. Le gouvernement doit expliquer clairement ses plans pour accélérer la distribution de vaccins dans tout le pays. »

Les conservateurs devraient exhorter le gouvernement à approuver les tests rapides de dépistage contre la COVID-19 et à augmenter l’aide fédérale aux petites entreprises, dont plusieurs risques de fermer leurs portes de façon permanente, a ajouté M. Chong.

« Notre attention portera uniquement sur la pandémie parce que c’est ce que les Canadiens attendent de nous. »

Le Bloc québécois espère lui aussi obtenir des réponses sur les vaccins et réclamera plus d’aide pour les aînés.

Le gouvernement devra également s’attendre à devoir répondre à des questions au sujet de la démission de la gouverneure générale Julie Payette. Les élus voudront savoir de quelle manière le prochain représentant de la reine sera nommé et les raisons qui avaient poussé le gouvernement à la nommer à ce poste en premier lieu.

De leur côté, les conservateurs voudront tourner la page après l’expulsion de l’ancien candidat à la direction Derek Sloan du caucus, espérant que cette décision arrêtera les libéraux de tenter de les relier aux groupes d’extrême droite qui ont pris d’assaut le Capitole américain le 6 janvier.

Le Bloc québécois doit aussi faire face à la controverse après que son chef Yves-François Blanchet eut laissé entendre des liens entre le nouveau ministre des Transports, Omar Alghabra, et le mouvement islamiste.