(Québec) Deux MRC réclament que la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault pardonne au député Denis Tardif et le réintègre dans son caucus.

Caroline Plante
La Presse Canadienne

M. Tardif est exclu du caucus de la CAQ depuis la mi-décembre pour avoir enfreint les règles sanitaires.

Cette semaine, les MRC de Témiscouata et de Rivière-du-Loup ont chacune adopté une résolution demandant au premier ministre Legault de réintégrer rapidement M. Tardif au caucus.

La préfète de la MRC de Témiscouata, Guylaine Sirois, a expliqué vendredi en entrevue que l’exclusion de M. Tardif faisait mal à la région, qui se sent « pénalisée » pour une erreur humaine.

« L’alcool a peut-être nui à son bon jugement. Est-ce qu’à cause de (ça), on fait en sorte qu’on n’a plus accès à tout l’appareil gouvernemental de la même façon que s’il était toujours au sein du caucus ?

« C’est sûr qu’il peut faire un travail en tant qu’indépendant, a-t-elle concédé, sauf que pour nous, pour la majorité des gens, ils ne voulaient pas que la région soit pénalisée à cause de cette décision-là. »

Sur le plan « humain », les maires de la région estiment également que le député Tardif a déjà payé un « lourd prix » sur la place publique pour ce premier écart de conduite.

M. Tardif ne porte plus les couleurs de la CAQ depuis qu’une vidéo l’a montré en train de festoyer dans une brasserie de sa région, sans respecter la distanciation sociale de deux mètres.

Visiblement éméché, M. Tardif a été vu en train de multiplier les accolades. Il effectuait une dernière sortie avant la fermeture des bars et restaurants dans sa région, qui basculait en zone rouge.

M. Tardif a rapidement reconnu son erreur et annoncé dans un communiqué le 17 décembre avoir lui-même pris la décision de se retirer du caucus temporairement.

Le bureau du premier ministre Legault a plus tard qualifié le geste du député de Témiscouata–Rivière-du-Loup de « grande erreur de jugement », et n’a jamais accepté de le reprendre.

La MRC des Basques doit également se prononcer sur cet enjeu en février, ce qui pourrait accentuer la pression sur la CAQ.

Rappelons que le député caquiste Youri Chassin n’a pas été puni lorsqu’il a voyagé à l’étranger. M. Legault l’a défendu en disant qu’il avait eu la permission de déroger aux consignes sanitaires.

Vendredi, Denis Tardif a décliné la demande d’entrevue formulée par La Presse Canadienne, mais son attaché politique a assuré que les MRC n’avaient pas agi à sa demande.

« Ce n’est pas une démarche qui est initiée par notre bureau ou par le député, c’est une surprise pour nous, a affirmé Nicolas Lessard-Dupont. Ça prouve que le milieu reconnaît le travail que le député a fait depuis deux ans. »

Les députés de la CAQ doivent se réunir en caucus les 28 et 29 janvier afin de préparer la rentrée parlementaire. Les travaux de l’Assemblée nationale reprennent le 2 février.