(Ottawa) Le député néo-démocrate Alexandre Boulerice craint que la pandémie de la COVID-19 n’occulte l’enjeu de l’aide aux médias, et exhorte le gouvernement à passer de la parole aux actes et à taxer les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft).

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

L’élu de Rosemont – La Petite-Patrie a envoyé une lettre au ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, pour le saisir du dossier. Car si l’industrie médiatique était « déjà dans un état précaire » avant que la COVID-19 ne frappe, « là, avec la pandémie, on s’inquiète que l’aide aux médias ne soit oubliée », plaide-t-il.

Malgré les programmes qui ont été mis en place, les mises à pied se succèdent dans les salles de nouvelles aux quatre coins du pays, se désole Alexandre Boulerice dans cette missive datée du 5 mai, que La Presse a consultée, et qui a été rédigée dans la foulée de la publication d’une lettre ouverte signée par 10 éditeurs de journaux, samedi dernier.

« Tout comme eux, nous vous implorons de présenter rapidement un plan afin de s’assurer que les GAFA paient leur juste part. La France et l’Australie viennent d’annoncer que des solutions seront en place d’ici le mois de juillet. Nous croyons qu’il est tout à fait possible pour votre gouvernement de développer des solutions aussi rapidement », plaide le député du NPD.

Il demande aussi à son interlocuteur de verser sans plus tarder le crédit d’impôt remboursable sur la masse salariale des journalistes, une mesure annoncée dans une mise à jour économique gouvernementale qui a été déposée en novembre 2018. Les médias écrits admissibles devront attendre plus tard cet été, en août ou septembre, avant de toucher le crédit d’impôt fédéral.

« Le milieu journalistique ne peut plus attendre. Si on considère que c’est un service public en temps normal, c’est encore plus vrai en temps de crise, argue le député Boulerice en entrevue téléphonique. Si on veut que les médias passent à travers une crise financière qui était déjà difficile avant la pandémie, là, il faut vraiment accélérer pour les crédits d’impôt. »

Une centaine de médias ont procédé à des compressions dans 11 provinces et territoires depuis le début de la crise de la COVID-19. Plus de 2000 personnes œuvrant dans les médias ont perdu leur emploi, d’après une compilation de J-Source, le Local News Research Project de l’école de journalisme de l’Université Ryerson et l’Association canadienne des journalistes.

Au cabinet du ministre Guilbeault, sans prendre d’engagement précis quant à la taxation des GAFAM, on fait valoir que l’on suit « de près ce qui se fait à l’étranger en ce qui concerne le soutien des médias », et que le gouvernement « demeure déterminé à soutenir nos salles de rédaction tout en respectant le principe fondamental de l’indépendance journalistique ».

« Notre gouvernement est pleinement conscient des difficultés auxquelles est confronté le secteur des médias, en particulier en cette période difficile. Nous sommes reconnaissants de leur travail sans relâche pour diffuser des nouvelles à travers le pays, pour l’information et la sécurité de nous tous », a-t-on ajouté.