(Ottawa) Le premier ministre Justin Trudeau a interpellé des diplomates africains sur la campagne du Canada pour un siège au Conseil de sécurité des Nations unies avec un discours qui tentait de souligner ses liens remontant à l’enfance avec le continent.

Mike Blanchfield
La Presse canadienne

Justin Trudeau s’est rappelé avec émotion avoir accompagné son père, l’ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau, lors de voyages en Afrique lorsqu’il était enfant et plus tard comme jeune routard adulte.

Il a prononcé une allocution avant une réception mardi soir devant un auditoire d’environ 200 personnes, pour la plupart des diplomates de pays africains, au siège social d’Affaires mondiales Canada à Ottawa.

M. Trudeau a déclaré que son père partageait avec lui son profond amour et son respect pour le continent africain – une tentative apparente de contrer les critiques selon lesquelles son gouvernement avait ignoré l’Afrique lors de son premier mandat au pouvoir lorsqu’il s’attardait à des problèmes commerciaux majeurs avec les États-Unis et le Mexique.

Mais le premier ministre a été applaudi par la foule lorsqu’il a décrit l’avenir des relations afro-canadiennes comme étant enracinées dans l’approfondissement des relations commerciales avec un continent qui connaît une croissance rapide.

Plus tôt ce mois-ci, M. Trudeau s’est rendu dans deux pays africains, l’Éthiopie et le Sénégal, dans le cadre de la campagne de son gouvernement pour le siège au conseil.

Dans toutes nos conversations, une chose était claire : nous avons tout à gagner à travailler ensemble sur les priorités que nous partageons. Les Canadiens, comme les gens à travers le continent africain, veulent voir de réels progrès sur les questions qui comptent le plus pour eux.

Justin Trudeau

En Éthiopie, il a rencontré des dirigeants participant au sommet de l’Union africaine pour tenter de gagner des appuis à la candidature du Canada.

À Dakar, le président sénégalais Macky Sall a déclaré qu’il tenterait de susciter le soutien à la candidature du Canada parmi les pays africains.

L’Afrique, avec ses 54 pays votants, est un bloc de vote clé dans le scrutin secret qui aura lieu à l’Assemblée générale des Nations unies en juin.

Le Canada aura besoin d’au moins 128 voix à cette élection pour un mandat de deux ans à compter de 2021, mais il doit faire face à une vive concurrence de la Norvège et de l’Irlande, qui font également campagne.

PHOTO JUSTIN TANG, LA PRESSE CANADIENNE

M. Trudeau était accompagné mardi soir de la ministre du Commerce international, Mary Ng, du ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, et du ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Ahmed Hussen, d’origine somalienne.

M. Trudeau a déclaré qu’un siège donnerait au Canada plus d’influence sur la scène mondiale sur des questions comme la paix, la sécurité et les droits de la personne.

M. Trudeau a annoncé en 2015 l’éventuelle candidature du Canada dans l’objectif d’un retour en force sur la scène mondiale après la perte d’un siège en 2010 aux mains du Portugal sous le gouvernement conservateur précédent.

M. Trudeau était accompagné mardi soir de la ministre du Commerce international, Mary Ng, du ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, et du ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Ahmed Hussen, d’origine somalienne.

« Si notre objectif de faire en sorte que le Canada approfondit ses relations commerciales et d’investissement, ainsi que ses relations interpersonnelles, la diaspora africaine, la communauté afro-canadienne est essentielle et centrale à cet effort », a affirmé M. Hussen lors de la rencontre.