Nos correspondants parlementaires de Québec et d’Ottawa nous livrent un coup d’œil décontracté sur l’actualité de la dernière semaine

La Presse

Quelle mouche a piqué Charette ?

Le ministre de l’Environnement Benoit Charette a présenté des excuses à un ancien titulaire de son poste sous le gouvernement Marois, Daniel Breton, après l’avoir insulté au Salon bleu. Dénonçant l’inaction des gouvernements précédents dans le dossier de la consigne, le caquiste a souligné qu’« il est vrai que l’ancien ministre de l’Environnement du Parti québécois a cumulé des centaines de bouteilles de vin vides ». C’était une allusion à des reportages publiés en 2012 concernant l’état dans lequel M. Breton aurait laissé un logement des années plus tôt, selon un ancien propriétaire. Rappelons qu’il avait démissionné de ses fonctions de ministre à la suite de révélations sur son passé. Bref, la remarque de M. Charette n’avait aucun rapport avec les questions posées par Québec solidaire en Chambre, et M. Breton n’était évidemment pas là pour se défendre. « Ce n’est pas digne de l’Assemblée nationale », a réagi le péquiste Martin Ouellet. Le président François Paradis a rappelé à l’ordre le ministre, qui, d’ailleurs, cumulait les avertissements ce jour-là. Ce serait bien que Benoit Charette respecte les consignes au Salon bleu.

Nadeau-Dubois à la CAQ ? 

Laurent Duvernay-Tardif a reçu les grands honneurs de l’Assemblée nationale cette semaine. Les politiciens ont rendu hommage au footballeur – et médecin – qui a remporté le Super Bowl avec les Chiefs de Kansas City le 2 février. Ils se l’arrachaient… ce qui a failli provoquer une « crise » à Québec solidaire. Gabriel Nadeau-Dubois était bien fier de son trait d’humour, mais il a dû préciser sa pensée par la suite en raison de propos que ses collègues ont trouvés ambigus… Écoutez plutôt.

Blanchet ovationné par les conservateurs 

PHOTO SEAN KILPATRICK, LA PRESSE CANADIENNE 

Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Prenez note de la date : le 19 février 2020, le chef bloquiste Yves-François Blanchet a eu droit à une ovation nourrie de la part des députés du Parti conservateur. Bon. Il venait de critiquer Justin Trudeau pour sa gestion du blocus ferroviaire. « Le premier ministre répond aux questions comme s’il était dans l’opposition. Il dénonce les problèmes économiques, il dénonce les coupures, il dénonce les pertes d’approvisionnement. Après cela, on lui dit : OK, mais t’es le premier ministre, nous autres, on ne l’est pas […] Est-ce qu’on a un problème de leadership ? », a lancé le leader du Bloc durant la période des questions, déclenchant un tonnerre d’applaudissements en provenance des banquettes conservatrices. On a hâte aux rumeurs de coalition.

Déjà l’épée de Damoclès

PHOTO PATRICK DOYLE, REUTERS

Andrew Scheer, chef par intérim du Parti conservateur

Il n’aura pas fallu attendre longtemps avant que le Parti conservateur commence à faire planer la menace de faire tomber le gouvernement Trudeau. Cette semaine, le chef par intérim, Andrew Scheer, a inscrit au feuilleton une motion de censure stipulant « que la Chambre a perdu confiance » envers les libéraux. Elle aurait pu être débattue dès jeudi, mais finalement, les conservateurs ont opté pour un débat sur la crise ferroviaire. Chez les conservateurs, en coulisses, on a justifié le geste en plaidant qu’il était toujours utile, en situation minoritaire, d’avoir une telle motion dans sa manche. Le chef du Bloc, Yves-François Blanchet, avait signalé que sa formation voterait contre si elle était mise aux voix, mettant au défi les conservateurs de se lancer en campagne avec un chef qui doit être remplacé le 27 juin prochain. Le Parti libéral s’en est quant à lui servi pour solliciter des dons à ses militants.

Simon and Garfunkel ou Nickelback ?

PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE 

Le député néo-démocrate Charlie Angus

Le député néo-démocrate Charlie Angus s’est fait reprocher d’avoir employé un langage non parlementaire après avoir cité des paroles de la chanson The Boxer, de Simon and Garfunkel, pendant un débat sur le blocus ferroviaire. « Such are promises/All lies and jests/Still a man hears what he wants to hear/And disregards the rest » [« Telles sont les promesses/Que des mensonges et des plaisanteries/Reste qu’un homme entend ce qu’il veut bien entendre/Et ignore le reste »]. Le député Garnett Genius n’a pas apprécié et a demandé l’intervention de la présidente de la Chambre. « Il emploie le terme “mentir” », a-t-il dénoncé. Le député du NPD, lui-même musicien – il a notamment fait partie du band punk rock L’Étranger – s’est défendu d’avoir voulu traiter son collègue de menteur. « Ce serait un très dangereux précédent de ne pouvoir citer ici Simon and Garfunkel parce que c’est insultant pour les conservateurs. Je citerais Nickelback, mais je ne les connais pas assez. »