(Québec) Le bras de fer entre la CAQ et l’opposition portant sur la commission des pesticides prend fin : les élus du gouvernement Legault déposeront mercredi un rapport consensuel contenant 32 recommandations visant à mieux encadrer l’usage des pesticides et à limiter les impacts sur la santé publique et l’environnement.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

« C’est un rapport qui va déboucher sur l’action », a assuré le député caquiste Richard Campeau au sortir de la rencontre de la Commission de l’agriculture, des pêcheries, de l’énergie et des ressources naturelles (CAPERN), chargée de la consultation sur les pesticides menée l’automne dernier.

Le rapport sera rendu public plus tard mercredi après son dépôt à l’Assemblée nationale.

« S’il y a des gens qui étaient inquiets sur l’indépendance de la science, soyez rassurés. On en a tout à fait tenu compte », a précisé M. Campeau sans dévoiler le contenu précis des recommandations. La commission sur les pesticides a été lancée dans la foulée de l’affaire Louis Robert, faut-il le rappeler.

Au début du mois, dans une démarche hors du commun, le Parti libéral et Québec solidaire ont dévoilé un « rapport dissident » contenant 50 recommandations puisque tout portait à croire que les travaux de la CAPERN allaient se traduire par un rapport incluant seulement des observations.

Dès le lendemain, les élus caquistes ont affirmé que le rapport contiendrait plutôt une dizaine de recommandations. « Nous avons rebrassé nos idées entre nous pour finalement accoucher d’un rapport qui va aller chercher beaucoup d’idées qui ont été avancées par la partie gouvernementale et les oppositions », a expliqué M. Campeau.

Mardi, le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne a rappelé qu’il allait « s’inspirer » des travaux de la CAPERN pour élaborer son Plan d’agriculture durable qu’il doit déposer d’ici l’été et s’est engagé à y inclure « beaucoup de choses suggérées par bien des gens […] pour un usage judicieux des pesticides ».

Une « demi-victoire », un rapport «correct »

« C’est un demi-pas qui a été accompli, c’est une demi-victoire, mais il reste encore beaucoup de travail à faire », a réagi la députée libérale Marie Montpetit qui était accompagnée de sa collègue solidaire, Émilise Lessard-Therrien. Le député du Parti québécois, Sylvain Roy, parle pour sa part d’un rapport « correct », « qui fait la job ».

Mmes Montpetit et Lessard-Therrien déplorent notamment que la proposition pour faire reconnaître la maladie de Parkinson comme maladie professionnelle chez les agriculteurs ait été rejetée, tout comme celle pour la création d’un fonds d’indemnisation pour les travailleurs atteints. « Force est de constater que tout ce qui touche la santé des agriculteurs ne s’y retrouve pas », a souligné Mme Montpetit.

Sylvain Roy réclame maintenant que le gouvernement Legault investisse les sommes nécessaires, et ce, dès le prochain budget Girard. « On peut bien avoir 32 recommandations, on pourrait en avoir 52, 150, ça prend de l’argent et ça prend une volonté gouvernementale d’effectuer la transition agroenvironnementale », a-t-il dit.

La commission sur les pesticides a reçu 76 mémoires dans lesquels plus de 700 recommandations ont été proposées. Fin septembre, les parlementaires ont entendu 26 groupes lors d’une semaine d’audiences publiques.