(OTTAWA) L’ancien ministre des Affaires étrangères John Baird pourra compter rapidement sur une équipe d’organisateurs aux quatre coins du pays s’il décide de se lancer dans la course à la direction du Parti conservateur.

Joël-Denis Bellavance Joël-Denis Bellavance
La Presse

M. Baird continue de jauger ses appuis en multipliant les rencontres. Il était de passage en Colombie-Britannique mercredi, après avoir rencontré des conservateurs influents la veille à Toronto. Sa réflexion n’est toutefois pas terminée, même s’il fait l’objet de vives pressions du premier ministre de l’Alberta Jason Kenney, et même de l’ancien premier ministre Stephen Harper, pour briguer la direction du Parti conservateur et, par ricochet, empêcher le meneur actuel de la course, l’ancien ministre de la Justice Peter MacKay, de prendre les commandes du parti.

« Il continue de consulter les gens. Sa décision n’est pas encore prise, mais sa réflexion avance », a confié mercredi à La Presse une source conservatrice qui a requis l’anonymat.

Le temps commence toutefois à presser pour que M. Baird, qui a aussi été ministre de l’Environnement et président du Conseil du Trésor dans l’ancien gouvernement de Stephen Harper, annonce ses couleurs. La date limite pour s’inscrire comme candidat et répondre aux exigences initiales est le 27 février.

« S’il décide de plonger, il aura une équipe prête à l’appuyer dès le premier jour. On commence à recueillir des signatures des membres qui l’appuient dans l’éventualité où il dit oui », a confié cette source conservatrice.

Le quotidien The Toronto Star a rapporté mercredi que d’anciens proches collaborateurs de M. Baird alors qu’il était ministre attendaient son signal, tout comme plusieurs de ses amis.

Parmi ceux-ci, on retrouve ses anciens directeurs des communications, Rick Roth et Mike Van Soelen, de même que ses anciens directeurs des politiques Shuvaloy Majumdar et Oren Cainer.

Deltell n'a pas tranché

Joint mercredi, le député conservateur Gérard Deltell a soutenu que la candidature de John Baird serait bien accueillie par les troupes conservatrices.

« S’il y va, ça s’ajoute à une belle liste qu’on a jusqu’à maintenant », a-t-il affirmé.

M. Deltell, qui a lui-même songé à se lancer dans la course à la direction du Parti conservateur, a dit ne pas avoir pris de décision quant à savoir quel candidat il appuierait.

« Je veux regarder comment la campagne va, je veux savoir qui va être là sur la ligne de départ aussi. […] Laissons les gens se présenter, et laissons les candidatures s’officialiser, et après ça, on pourra juger », a-t-il dit.

Durant la dernière course, remportée en 2017 par Andrew Scheer, M. Deltell avait appuyé le député conservateur Erin O’Toole, qui est de nouveau sur les rangs. Ce dernier avait terminé troisième.

Outre Peter MacKay et Erin O’Toole, les autres candidats qui sont dans la course sont la députée du sud de l’Ontario Marilyn Gladu ainsi que l’homme d’affaires de l’Alberta Rick Peterson.

D’autres candidats pourraient aussi être sur les rangs. Rudy Husny, ancien militant conservateur du Québec qui a travaillé pour d’anciens ministres conservateurs, Richard Décarie, ancien proche collaborateur de Stephen Harper alors qu’il était chef de l’opposition officielle en 2005, et Derek Sloan, jeune député de la circonscription de Hastings-Lennox and Addington, en Ontario, ont exprimé de l’intérêt. Ils ont jusqu’au 27 février pour soumettre leur candidature et répondre aux exigences initiales.

— Avec Mélanie Marquis, La Presse