(OTTAWA) Fortement courtisé au cours des dernières semaines par les Jean Charest, Pierre Poilievre, Peter MacKay et, plus récemment, John Baird, le lieutenant politique du Parti conservateur au Québec, Alain Rayes, a fait son choix : il va demeurer neutre durant la course à la direction du parti.

JOËL-DENIS BELLAVANCE JOËL-DENIS BELLAVANCE
La Presse

M. Rayes, qui occupe les fonctions de lieutenant politique au Québec depuis le printemps 2017, a fait part de sa décision dans une lettre qu’il a récemment envoyée aux principaux organisateurs du Parti conservateur au Québec.

Élu pour la première fois en 2015, M. Rayes s’est rapidement imposé dans les rangs conservateurs comme une figure incontournable du parti en raison de ses talents de communicateur et de son réseau bien établi aux quatre coins du Québec.

M. Rayes aurait été contraint d’abandonner ses fonctions actuelles s’il avait décidé de jeter son dévolu sur un des candidats qui aspirent à prendre les commandes du parti. Tous les élus et les membres du parti qui occupent des postes de direction doivent demeurer neutres durant la course, selon les règles en vigueur.

« Aujourd’hui, je veux prendre un instant pour vous partager ma décision de demeurer neutre dans l’actuelle course à la direction de notre parti », écrit M. Rayes dans sa missive.

« J’ai donc pris la décision de continuer d’assumer mon rôle de lieutenant avec toute l’énergie que vous me connaissez afin de porter la voix des conservateurs québécois à la Chambre des communes et dans les différentes tribunes que l’on nous offre afin de démontrer que l’équipe conservatrice du Québec est toujours bien active et se prépare pour la prochaine bataille électorale », ajoute-t-il.

M. Rayes a terminé sa missive en disant qu’il serait prêt à assumer les responsabilités que le prochain chef voudra bien lui confier afin d’assembler, dit-il, une « équipe de rêve » qui sera en mesure de faire des gains au Québec à l’occasion du prochain scrutin.

Courtisé

Avant de renoncer à briguer la direction du Parti conservateur, le mois dernier, l’ancien premier ministre Jean Charest et ses principaux organisateurs ont tenté de convaincre M. Rayes de l’appuyer publiquement. Ce dernier a refusé.

Le député conservateur Pierre Poilievre, qui s’est aussi désisté le mois dernier en invoquant des raisons familiales, à quelques jours du lancement officiel de sa campagne, a également courtisé le député de Richmond-Arthabaska. Il était alors conscient que son appui se serait traduit par une mobilisation de plusieurs organisateurs du Québec en sa faveur.

L’ancien ministre de la Justice Peter MacKay, qui est officiellement candidat depuis trois semaines et qui est considéré comme le meneur, a fait la cour à M. Rayes. Mais encore là, le principal intéressé s’est montré réticent à se mouiller en faveur d’un des aspirants.

Baird fera-t-il le saut ?

Selon des informations obtenues par La Presse, John Baird, ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Stephen Harper, s’est également entretenu avec le lieutenant politique alors qu’il jauge la possibilité de se lancer dans la course.

M. Baird, qui a obtenu le soutien du premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, et aurait aussi l’appui tacite de l’ancien premier ministre Stephen Harper, doit prendre une décision au cours des prochains jours. « Honnêtement, ce n’est pas une décision qui est facile. Cela veut dire un engagement de 10 ans ou de 15 ans. Je n’ai pas encore terminé ma réflexion », a confié M. Baird à La Presse lundi soir, alors qu’il rencontrait des membres influents du parti à Toronto.

Outre Peter MacKay, les autres candidats qui sont dans la course sont les députés de l’Ontario Erin O’Toole et Marilyn Gladu, ainsi que l’homme d’affaires de l’Alberta Rick Peterson. MM. O’Toole et Peterson tentent leur chance pour la deuxième fois, ayant été candidats malheureux dans la course à la direction du parti en 2017, remportée au 13e tour par Andrew Scheer.

D’autres candidats pourraient aussi être sur les rangs. Rudy Husny, ancien militant conservateur du Québec qui a travaillé pour d’anciens ministres conservateurs, Richard Décarie, ancien proche collaborateur de Stephen Harper alors qu’il était chef de l’opposition officielle en 2005, et Derek Sloan, jeune député de la circonscription d’Hastings-Lennox and Addington, en Ontario, ont exprimé de l’intérêt. Ils ont jusqu’au 27 février pour soumettre leur candidature et répondre aux exigences initiales.

Mardi, le député conservateur du Nouveau-Brunswick John Williamson a fait savoir qu’il ne serait finalement pas candidat dans cette course au terme d’une période de réflexion de quelques jours.