Chaque samedi, nos correspondants parlementaires de Québec et d’Ottawa nous livrent un coup d’œil sur l’actualité de la dernière semaine.

La Presse

Saul Polo émeut ses pairs

Le député libéral de Laval-des-Rapides, Saul Polo, a ému ses pairs, jeudi, en livrant un poignant témoignage sur le suicide. « Le suicide, c’est une mort qui est évitable et qu’il est possible de prévenir », a rappelé M. Polo, dont le père s’est donné la mort en juin dernier. « Il reste beaucoup de travail à faire, parce que faire tomber les tabous et combattre la stigmatisation nécessite beaucoup de temps et d’efforts », a-t-il souligné, avant de terminer son allocution par un poignant « Papa, je t’aime ».

Le passé péquiste de Legault

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le premier ministre du Québec, François Legault

Les libéraux aiment bien rappeler, de temps à autre, le passé péquiste de François Legault. Mais cette semaine, c’est le premier ministre lui-même qui a ravivé ce souvenir… pour attaquer le chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé. Le député de Matane-Matapédia exigeait que le gouvernement n’injecte des fonds dans Bombardier que si Alain Bellemare en quittait la direction. « Je reconnais le PQ que je n’aime pas, le PQ que je n’ai jamais aimé, le PQ qui dit : « Les patrons, c’est des méchants. Les entrepreneurs, c’est des voleurs ! » », a lancé M. Legault. Les protestations ont été vives dans le camp péquiste. Mais, loin de baisser le ton, le premier ministre a décoché une pique à M. Bérubé. « J’ai l’impression d’avoir une question qui vient de Pierre Karl Péladeau, mais bon, je vais quand même y répondre », a-t-il affirmé. Et la session parlementaire ne fait que commencer !

Contrôle serré autour de MacKay

PHOTO BLAIR GABLE, ARCHIVES REUTERS

Le candidat à la direction du Parti conservateur, Peter MacKay

Quand l’entrevue devient elle-même l’histoire, c’est rarement bon signe. C’est ce qui s’est produit plus tôt cette semaine lorsque l’entourage du candidat à la direction du Parti conservateur Peter MacKay a mis fin abruptement à un entretien avec CTV News – lequel, pourtant, ne semblait pas poser problème aux yeux de l’ancien ministre, qui a déjà vu neiger. « Elle ne fait que son travail », a d’ailleurs tenté de plaider Peter MacKay lorsque deux attachés ont mis le holà en reprochant à la journaliste d’avoir dépassé les bornes. Elle venait d’interroger son invité sur un tweet publié sur son compte, dans lequel il était noté que le Parti libéral avait dépensé 876,95 $ pour des cours de yoga et des visites au spa pour Justin Trudeau, à l’époque où celui-ci briguait la direction de la formation. Peter MacKay expliquait qu’il était en désaccord avec ce tweet et n’en était « pas fier » lorsque son équipe de communications est intervenue pour mettre fin à cette entrevue qui avait lieu à Toronto. Deux jours plus tard, en Alberta, le principal intéressé a dit en tirer la leçon qu’il faut « sourire et ne jamais, jamais s’en aller ».

La clarté selon Blanchet

PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet, quant à lui, se charge personnellement de couper court aux questions des journalistes parlementaires. « Écoutez, le point de presse peut finir maintenant, ou on peut aller à une autre question », a-t-il lâché mardi, excédé de se faire demander des clarifications sur des propos qu’il venait de tenir, où il semblait remettre en question l’indépendance judiciaire. C’était après que la Cour d’appel fédéral eut rendu un verdict permettant la poursuite des travaux d’agrandissement du pipeline Trans Mountain. « Les juges, qui sont nommés par le gouvernement fédéral, ont interprété des lois canadiennes, et ces lois disent que lorsque le fédéral veut quelque chose, c’est ce qui va arriver, peu importe ce qu’en pensent les provinces », a-t-il entre autres déclaré. Que voulez-vous dire ? Remettez-vous en question l’indépendance judiciaire ? On ne peut pas lire dans vos pensées, ont insisté les journalistes. « Je serai le seul juge de ce qui est clair ou pas pour moi. Je suis désolé », a offert un Yves-François Blanchet agacé. « Autre chose ? »

Le chef et le chef

PHOTO BLAIR GABLE, ARCHIVES REUTERS

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

T-a-r-d-i-f. Laurent Duvernay-Tardif est le nom du joueur de football québécois qui a remporté le Super Bowl avec les Chiefs de Kansas City. Pas Laurent Duvernay-Thibeault, comme l’avait rebaptisé Justin Trudeau avant le match. « Nous encourageons tous notre fier Québécois Laurent Duvernay… euh… Thibeault », a-t-il dit en anglais vendredi passé, avant de se corriger lorsqu’on lui a demandé de répéter ce message d’appui en français. Au parlement, lundi, alors qu’il allait s’engouffrer dans la Chambre des communes pour la période de questions, il a tourné les talons alors qu’on lui demandait de commenter la victoire de l’équipe du Missouri et du joueur et médecin originaire de Mont-Saint-Hilaire. Il a souri, puis dit toute sa fierté à l’endroit de « Laurent Duvernay-TARDIF, qui a si bien joué [dimanche] soir ». Pour la petite histoire, dans la transcription de cet échange qui a été fournie aux médias de la colline du Parlement, le médecin et athlète a été re-rebaptisé « Lawrence Duvernay Tardif ».