(Québec) L’ancien premier ministre du Québec Jean Charest ne sera pas candidat à la direction du Parti conservateur du Canada.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

Denis Lessard Denis Lessard
La Presse

Il en a fait l’annonce dans le cadre d’une entrevue accordée à Radio-Canada et dont un extrait a été diffusé mardi après-midi.

Il a pris cette décision pour plusieurs raisons. D’abord parce que « les règles de la course n’ont pas été écrites pour un candidat qui est de l’extérieur. Les échéanciers sont très serrés, ça ne donne pas beaucoup de temps pour recruter de nouveaux membres et de mettre sur pied une organisation nationale ».

Il a également constaté que « le parti a beaucoup changé » depuis qu’il l’a quitté en 1998. « Il y a des sujets sur lesquels j’ai un certain nombre de principes, qui n’ont pas changé. Je ne dis pas que ça ne changera jamais dans le parti, une course au leadership c’est fait pour ça », a-t-il affirmé.

Autrement, il dit avoir une « vie familiale heureuse » et une « vie professionnelle active ». « Quand je fais le bilan de tout ça, j’en arrive à la conclusion que je ne vais pas être candidat. »

Manque de temps

Pour M. Charest, le temps lui aurait manqué pour réunir le nombre de membres nécessaires pour avoir une bonne chance de l’emporter.

Le sondage fait par l’embryon d’organisation qu’il avait mis en place indique qu’environ 15% des membres seulement sont encore sympathiques à l’aile progressiste du parti, et susceptibles d’appuyer un « red tory » comme Jean Charest.

Au cours des dernières années, le courant plus à droite, incarné par Stephen Harper, est parvenu à clairement dominer le membership du parti.

Sur les 200 000 membres du Parti conservateur, la moitié ont voté au terme de la précédente course à la direction. Candidat de l’extérieur, Charest aurait eu à recruter des dizaines de milliers de nouveaux membres pour l’emporter. La date limite pour ce recrutement a pesé lourd: ces adhésions auraient dû être enregistrées avant le 17 avril.

Un autre élément aurait pu l’inciter à rester en touche; dans le questionnaire soumis aux aspirants candidats, le Parti conservateur leur demande s’ils sont actuellement l’objet d’une enquête policière, une question à laquelle M. Charest ne pouvait que répondre par l’affirmative.

La décision de Jean Charest est toute récente; avant la fin de semaine dernière, il était encore candidat, a souligné un proche. C’est le week-end dernier, et surtout lundi, que la décision de ne pas se lancer a été arrêtée. La semaine dernière, le fait que M. Charest ait mandaté son avocat personnel, Michel Massicotte, pour contester les allégations qui le liaient au financement illégal du PLQ à l’époque où il en était le chef, était interprété comme une autre indication qu’il avait l’intention d’entrer dans la course.

Brian Mulroney voyait d’un oeil très sympathique la candidature de son ancien ministre. On peut prévoir qu’il endossera désormais celle de Peter MacKay, un ancien ministre de Stephen Harper.