(Ottawa) Le Canada espère toujours obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies, et il prépare déjà le terrain pour former les fonctionnaires canadiens.

Jim Bronskill
La Presse canadienne

Le gouvernement fédéral a indiqué vendredi qu’il entend octroyer un contrat d’une valeur estimée à 120 000 $ à la société new-yorkaise Security Council Report pour former du personnel canadien en vue d’un éventuel rôle sur cette instance.

Affaires mondiales Canada recherchait un fournisseur « qui offrira, à l’occasion d’au moins deux activités d’apprentissage, de la formation de base spécialisée à des employés du gouvernement du Canada, plus précisément aux équipes de pays qui se préparent à devenir membres du Conseil de sécurité des Nations unies ».

L’avis indique que le contrat devrait s’étendre du 24 février jusqu’à la fin de l’année.

Le Conseil de sécurité de l’ONU compte cinq membres permanents et dix membres élus non permanents. Ils peuvent donner le feu vert à des interventions militaires, orchestrer des missions de maintien de la paix et imposer des sanctions économiques.

Le gouvernement de Justin Trudeau tente d’obtenir un mandat de membre non permanent pour une durée de deux ans, à compter du 1er janvier 2021.

Il fait face à une rude concurrence de la Norvège et de l’Irlande pour l’un des deux sièges qui seront disponibles lors du scrutin de l’Assemblée générale en juin prochain. L’Allemagne et la Belgique auront terminé à la fin de l’année leur mandat en tant que membres non permanents du groupe « Europe occidentale et autres ».

Le Canada espère poursuivre cinq priorités en siégeant au Conseil de sécurité : maintenir la paix, lutter contre les changements climatiques, promouvoir la sécurité économique, faire avancer l’égalité entre les genres et renforcer le multilatéralisme.

Le gouvernement précise que la formation des fonctionnaires devra « traiter des priorités thématiques et par pays qui revêtent un intérêt pour le Canada dans sa préparation à un siège au Conseil ».

Affaires mondiales Canada compte attribuer le contrat à Security Council Report, à moins qu’une autre organisation répondant aux exigences du ministère ne se manifeste d’ici la fin du mois.

Le site web de Security Council Report indique que l’organisme à but non lucratif travaille à améliorer la transparence et l’efficacité du Conseil de sécurité en fournissant des renseignements sur ses activités et en soutenant ses nouveaux membres.

Une porte-parole d’Affaires mondiales a déclaré que le Canada doit déjà se préparer à assumer le rôle de membre élu et les responsabilités qui y sont associées.

« Ce sera bénéfique, peu importe le résultat du vote en juin », a souligné la porte-parole Angela Savard.

Selon l’avis d’appel d’offres, les fonctionnaires canadiens devront être formés sur le mandat du conseil, ses dynamiques, ses méthodes de travail, ses outils et ses pouvoirs, y compris le recours à la force, à des sanctions et à des missions exploratoires.

Ils étudieront également les actions récentes du conseil, ses relations avec d’autres organisations internationales et régionales, les positions et intérêts de ses membres, la rédaction et la négociation de résolutions ainsi que les considérations relatives aux missions de paix.

« Le Canada est résolument engagé à travailler avec ses partenaires internationaux et a mis à profit toutes les occasions pour discuter de la façon dont nous pouvons bâtir ensemble un monde plus pacifique, inclusif et durable », indique une note préparée le mois dernier pour le ministre des Affaires étrangères François-Philippe Champagne.

À la fin du mois d’octobre dernier, le gouvernement canadien avait déjà dépensé un peu moins de 2 millions pour défendre sa candidature au Conseil de sécurité. Cette somme exclut toutefois les salaires de 13 fonctionnaires affectés à temps plein à la campagne du Canada en 2019-2020.

« Une campagne pour un siège non permanent à l’ONU nécessite du temps et des ressources, peut-on lire dans la note à l’intention du ministre Champagne. Le Canada mène une campagne financièrement responsable, qui nous permettra dans le processus de renforcer nos liens diplomatiques et de faire avancer d’autres priorités. »

Le premier ministre Justin Trudeau a demandé à son prédécesseur Joe Clark et à l’ex-premier ministre québécois Jean Charest de servir en tant qu’envoyés spéciaux pour faire avancer la candidature du Canada. Toujours selon la note, MM. Clark et Charest se sont tous deux déjà rendus à l’étranger pour discuter des priorités communes avec d’autres pays.