S’il se lance dans la course à la direction du Parti québécois (PQ), Guy Nantel pourrait continuer ses spectacles sans devoir s’inquiéter qu’ils soient comptabilisés comme des dépenses de campagne.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Le service des communications d’Élections Québec a confirmé lundi à La Presse que l’humoriste n’aurait pas à comptabiliser ses dépenses de promotion et de tournée si « sa candidature n’est pas véhiculée lors des spectacles », advenant qu’il se lance dans l’aventure.

Cette question a fait jaser ces derniers jours du côté de ceux qui soutiennent M. Nantel dans sa réflexion et au sein de la conférence de coordination du PQ, instance désignée pour voter le 1er février les règles définitives de la course.

La Presse a révélé la semaine dernière que l’exécutif national du parti avait soumis le 30 décembre un projet de règles pour encadrer l’élection du successeur à Jean-François Lisée. Si elles sont adoptées telles quelles, les candidats devront entre autres fournir 25 000 $ en droits d’entrée et déposer leur bulletin de candidature au plus tard le 9 avril. 

Quant au plafond de dépenses des candidats, il serait de 125 000 $ (en incluant les droits d’entrée).

Par contre, si ses spectacles étaient comptabilisés comme des dépenses au sens de la Loi électorale, Guy Nantel pourrait dépasser la limite permise, une sorte « d’épée de Damoclès » qui pourrait nuire au parti, craignent certains membres qui voteront les règles de la course.

Selon les informations fournies par Élections Québec, l’humoriste pourrait toutefois poursuivre sa tournée sans problème. Mais s’il se lance dans la course et s’il parle de sa candidature dans ses spectacles, ces dépenses pourraient être comptabilisées.

À ce jour, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, est le seul à avoir confirmé sa candidature. L’avocat Paul St-Pierre Plamondon devrait le faire dans les prochaines semaines. Les noms de l’historien Frédéric Bastien et de l’avocat Stéphane Handfield circulent aussi comme de prétendants candidats.

Problèmes de dates

Le Devoir a rapporté également la semaine dernière que Guy Nantel réfléchissait sérieusement à se présenter dans la course à la direction du PQ, et tentait de voir si une telle démarche pouvait se conjuguer à sa tournée, dont le calendrier est déjà défini.

Certains militants – dont des membres votants de la conférence de coordination du parti – sont optimistes face à une éventuelle candidature de l’humoriste, a constaté La Presse au cours des derniers jours. Or, la question des deux débats de la course fait déjà beaucoup jaser.

Par le passé, le président d’élection procédait au choix des dates par tirage au sort. Certains voudraient cette fois-ci que les dates soient choisies de façon consensuelle par les candidats, à défaut de quoi – s’il n’y a pas d’entente – un tirage serait organisé. Aucune décision à ce sujet n’a été prise à ce jour.

Entre le 9 avril (date limite à laquelle les prétendants à la direction pourraient devoir déposer leur bulletin de candidature) et le jour de l’élection du prochain chef, Guy Nantel a 15 spectacles à son agenda. Pourrait-il devoir s’exclure de la course si un débat se tenait un soir de spectacle ?

Autre problème : l’élection du prochain chef péquiste devrait avoir lieu le 19 juin. Un lieu de rassemblement n’a toujours pas été déterminé. Cependant, dans tous les cas, Guy Nantel est en spectacle ce soir-là à l’Étoile Banque Nationale, à Brossard.