(Ottawa) Le Canada a pris acte de l’aveu formulé par l’Iran qui a reconnu avoir abattu par erreur un avion de l’Ukranian International Airline.

La Presse canadienne

Dans un tweet publié au cours de la nuit de vendredi à samedi par Cameron Ahmad, le directeur des communications de Justin Trudeau, le premier ministre canadien déclare : « Ce soir, l’Iran a reconnu que le vol 752 de Ukraine International Airline a été abattu par ses propres forces armées. Notre priorité demeure de faire la lumière dans ce dossier dans un esprit de transparence et de justice et nous voulons que les familles et les proches des victimes trouvent du réconfort. »

M. Trudeau a rappelé qu’il s’agissait « d’une tragédie nationale et tous les Canadiens sont dans le deuil ».

« Nous continuerons de travailler avec nos partenaires à travers le monde pour veiller à ce qu’une enquête complète et approfondie soit menée. Le Canada s’attend à la pleine collaboration des autorités iraniennes. »

L’écrasement a entraîné la mort de 176 personnes, dont 138 qui, selon le gouvernement, avaient pour destination finale le Canada.

La veille, le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a annoncé que le Canada et d’autres pays dont des ressortissants ont été tués dans l’écrasement d’avion à Téhéran voulaient « parler d’une seule voix ».

Le gouvernement canadien a aussi créé une équipe composée de hauts fonctionnaires afin de s’assurer que les familles canadiennes touchées par le drame obtiennent le soutien et les informations dont elles ont besoin, a ajouté M. Champagne.

Ces mesures font suite à des conversations privées tenues à Toronto entre le premier ministre Justin Trudeau et les familles des victimes mortes lors de l’écrasement du vol 752 d’Ukraine International Airlines survenu mercredi.

En conférence de presse, M. Champagne a révisé à 57 le nombre de citoyens canadiens qui étaient à bord de l’avion, par rapport aux 63 initialement indiqués par les autorités ukrainiennes. Il a expliqué que le nouveau décompte est le résultat d’une vérification plus minutieuse des documents de voyage, des dates de naissance et d’autres informations.

La Presse canadienne a confirmé de façon indépendante qu’au moins 74 des victimes avaient des liens avec le Canada, dont plusieurs étaient étudiants dans des universités canadiennes. Le vol de Téhéran à Kiev était une première étape peu coûteuse d’un voyage au départ de l’Iran et à destination du Canada.

Des ressortissants d’Iran, d’Ukraine, de Suède, du Royaume-Uni, d’Afghanistan et d’Allemagne figurent également parmi les victimes.

Le nouveau Groupe international de coordination et de réponse comprend tous ces pays à l’exception de l’Iran et de l’Allemagne, et M. Champagne a indiqué qu’il mettra l’accent sur le partage d’informations et la pression sur l’Iran pour mener une enquête approfondie sur l’écrasement.

« La communauté internationale exige de la transparence, a déclaré M. Champagne, ajoutant que le monde regarde ce que le gouvernement iranien fait actuellement. »

Visas

Le ministre Champagne a confirmé que l’Iran a accordé deux visas au Canada jusqu’à présent. « Nous espérons que les autres visas seront accordés rapidement afin de pouvoir offrir des services consulaires, aider à l’identification des victimes et évidemment participer à l’enquête », a-t-il déclaré.

Une équipe de dix représentants canadiens d’Affaires mondiales Canada et de deux employés du Bureau de la sécurité des transports est présentement à Ankara, en Turquie.

Le Canada s’attend à recevoir une douzaine de visas de l’Iran au total, un geste rendu nécessaire par la rupture des liens diplomatiques entre les deux pays depuis 2012.

M. Champagne a affirmé avoir senti « de l’ouverture » lors d’un appel avec le ministre des Affaires étrangères de l’Iran, ce qui lui « donne espoir » que les dix autres visas seront émis. « Chaque heure compte », a-t-il ajouté.

Qualifiant la situation de « tragédie nationale », M. Champagne a réclamé à de nombreuses reprises que l’Iran autorise le Canada à prendre part à l’enquête. Pour le moment, « les discussions se poursuivent avec les autorités iraniennes ».

M. Champagne a réitéré la demande du gouvernement canadien d’une enquête « complète et approfondie » afin que « toute la lumière soit faite dans ce dossier dans un esprit de transparence et de justice ».

« C’est à l’Iran maintenant de démontrer si elle entend coopérer dans cette enquête-là et de faire toute la lumière sur les causes. Le monde est en train de regarder. Le monde a besoin de réponses à ces questions-là. »