Le député libéral Pierre Arcand s’est rendu à la Barbade, dans les Antilles, malgré les appels répétés du gouvernement à ne pas voyager à l’étranger. Mardi, il a dit regretter cette décision, et promis de respecter « scrupuleusement » les consignes sanitaires à son retour.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Malgré le fait que les déplacements ne sont pas proscrits, nous sommes conscients de l’ampleur du jugement vis-à-vis les gens qui partent dans le Sud », a expliqué l’ancien chef par intérim du Parti libéral du Québec (PLQ) Pierre Arcand, dans une déclaration transmise à La Presse.

Il soutient que sa femme et lui avaient prévu ce séjour « compte tenu de l’impossibilité de voir [leurs] enfants et petits-enfants pendant la période de Noël ». L’île de la Barbade est selon lui l’un des endroits « les plus sécuritaires dans le monde actuellement ». « En regard de la situation, nous avons longuement analysé les options qui s’offraient à nous. Après analyse et compte tenu des nombreuses précautions que nous avions mises en œuvre, nous avons pris la décision de quitter », assure toutefois le député libéral.

Ce dernier rappelle toutefois qu’un test de dépistage de la COVID-19, fait trois jours avant son départ, était « essentiel » pour entrer dans l’île. « Une quarantaine et un deuxième test étaient obligatoires avant de sortir de l’appartement que nous habitons », ajoute M. Arcand, promettant qu’il fera « bien sûr » la quarantaine comme il se doit lors de son retour au Québec.

Je regrette aujourd’hui cette décision compte tenu de la situation qui prévaut actuellement au Québec et du respect que l’on doit aux travailleurs de la santé.

Pierre Arcand, député de Mont-Royal–Outremont

L’élu assure avoir passé, les 22 et 27 décembre, « deux tests COVID-19 qui se sont avérés négatifs ». « Sachez que je respecterai scrupuleusement les 14 jours de confinement à mon retour et toutes autres consignes de la Santé publique », ajoute-t-il.

Aperçu par un témoin

Selon Radio-Canada, qui a rapporté la nouvelle en premier, le député a été aperçu par un témoin dans le secteur de Glitter Bay. Il y a quelques jours, le premier ministre François Legault avait participé avec les trois chefs de l’opposition à une conférence de presse pour encourager les Québécois à respecter les règles de la Santé publique. La cheffe libérale, Dominique Anglade, était présente et avait exhorté les Québécois à ne pas se laisser envahir par la fatigue des restrictions pour ne pas que « le virus gagne ».

PHOTO PAUL CHIASSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade

« M. Arcand a décidé de se rendre à l’extérieur du Québec. Les règles en vigueur le permettent même si nous décourageons vivement les déplacements. En regard de cette situation, il appartient désormais à M. Arcand de s’astreindre scrupuleusement aux règles de quarantaine », a déclaré mardi Mme Anglade.

Sur les ondes du 98,5 mercredi matin, la cheffe libérale a néanmoins admis qu'elle était au courant du déplacement dans les Antilles de M. Arcand depuis le 20 décembre dernier.

Cette nouvelle tombe alors que mardi après-midi, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a réitéré qu’il aurait souhaité qu’aucun voyage à l’étranger ne soit autorisé. « Les images qu’on a vues des vacanciers dans le Sud sont choquantes pour tout le monde, surtout pour […] les travailleurs de la santé », a-t-il dit.

Québec a du même coup demandé à Ottawa de mettre sur pied rapidement une série de mesures pour prévenir la transmission de la COVID-19 au retour des Fêtes. Parmi elles : une obligation de se faire tester avant de prendre son avion de retour au Québec, la mise sur pied de tests de dépistage « rapides » dans les aéroports de Québec et de Montréal et « une intensification du suivi de la quarantaine ».

– Avec La Presse Canadienne