Alors que le ministre Eric Girard parle de hausser de 3 % seulement le salaire minimum, ce qui le ferait passer de 13,10 $ à 13,50 $, le député de Québec solidaire responsable du dossier du Travail et de la Solidarité sociale, Alexandre Leduc, demande au gouvernement de réévaluer sérieusement cette décision et d’annoncer un plan de rattrapage du salaire minimum à 15 $/heure.

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local Initiative de Journalisme Local

« C’est une véritable claque au visage de nos essentiels ! Sans les gens qui tiennent la caisse, qui préparent la nourriture, qui emballent nos achats, on n’aurait pas tenu le coup. Pendant que les Walmart, Metro et Couche-Tard de ce monde célèbrent une année de profits record, les femmes et les hommes qui ont rendu ça possible gagnent encore 13 $ et 10 $ de l’heure. Ils doivent encore se tourner vers les banques alimentaires pour nourrir leur famille. C’est honteux ! Le gouvernement peut-il offrir le minimum de considération et de dignité que ces personnes méritent ? », affirme le député d’Hochelaga-Maisonneuve en rappelant qu’au printemps dernier le gouvernement a été obligé de verser une prime de 100 $ par semaine à 125 000 travailleurs parce qu’ils gagnaient moins que la PCU.

« Le problème ce n’est pas que la PCU est trop élevée, c’est que le salaire minimum ne correspond plus à la réalité de 2020. Présentement, le salaire minimum des essentiels est en bas du strict minimum pour subsister à leurs besoins essentiels », poursuit Alexandre Leduc.

Selon le député de Québec solidaire, en instaurant des mesures transitoires pour venir en aide aux PME, aux organismes communautaires et aux agriculteurs qui en auraient besoin pour amortir les coûts liés à cette augmentation, il est possible d’offrir des conditions salariales suffisantes, sans pour autant sacrifier les plus petites entreprises.

« On peut marcher et mâcher de la gomme en même temps. On peut soutenir notre économie et soutenir les gens qui la font rouler. Avant de prétendre que le ciel va nous tomber sur la tête, est-ce que le gouvernement a seulement étudié l’impact d’une véritable hausse du salaire minimum ? Il y a deux ans, le ministre du Travail m’a demandé d’être patient, que ça s’en venait. J’ai attendu, mais si ma patience a des limites, j’ai peine à imaginer comment celle des travailleurs et travailleuses, qui ont tenu nos services essentiels ouverts au cours des derniers mois, se porte », conclut le député solidaire.