(Québec) Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, devrait songer à démissionner, suggère le Parti québécois (PQ).

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

Mais le premier ministre François Legault estime qu’au fond, les partis d’opposition sont envieux.

Le PQ a invité M. Fitzgibbon à réfléchir à son avenir, après un deuxième blâme reçu mardi par la Commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale. Les oppositions ont passé presque toute la période de questions mercredi à mitrailler la CAQ concernant la controverse Fitzgibbon.

La Commissaire reproche au ministre de n’avoir pas divulgué toutes ses participations dans des entreprises dans sa déclaration obligatoire et de n’avoir pas vendu toutes ses participations. Elle recommande une réprimande de l’Assemblée.

« Je l’invite à choisir entre le service public et ses affaires personnelles, a dit le chef parlementaire du PQ, Pascal Bérubé, en conférence de presse mercredi. Le service public, ça appartient à tout le monde, ses intérêts n’appartiennent qu’à lui. Et je l’invite, pendant le temps des Fêtes, à aller prendre une marche dans la neige et à réfléchir à son avenir politique. »

Il faisait ainsi référence à Pierre Elliott Trudeau, l’ancien ministre canadien qui avait décidé de démissionner après avoir fait une marche dans la neige en 1984.

François Legault a balayé les critiques des partis d’opposition qui, selon lui, agissent hypocritement.

« Entre ce qui se dit à la période de questions et ce que les gens pensent dans le fond, les trois partis d’opposition rêveraient d’avoir un ministre de l’Économie comme on a », a-t-il déclaré en conférence de presse.

L’opposition libérale exige de M. Fitzgibbon qu’il se retire du conseil des ministres, le temps de régulariser sa situation, tandis que Québec solidaire demande à François Legault de suspendre temporairement son ministre.

« Il n’a pas les coudées franches pour occuper son poste, a plaidé le député Vincent Marissal, de Québec solidaire (QS). C’est pour ça qu’on demande au premier ministre de le suspendre le temps qu’il règle ses affaires. »

« Le ministre de l’Économie n’est plus l’homme de la situation », a pour sa part tranché le député libéral Monsef Derraji en Chambre.

« Le premier ministre avait un choix : défendre le code d’éthique de l’Assemblée nationale ou défendre son chum de gars, a affirmé le leader parlementaire de QS, Gabriel Nadeau-Dubois. Il a choisi de défendre son chum de gars. »

Le rapport de la Commissaire blâmant M. Fitzgibbon devait être soumis au vote de l’Assemblée mercredi matin.

Comme prévu, les caquistes, qui sont majoritaires au Parlement, ont voté contre le rapport. François Legault avait en effet indiqué mardi, en guise de consigne de vote, qu’il avait 100 % confiance en son ministre qui avait respecté l’esprit du code, selon lui.