Six anciens premiers ministres du Québec, trois libéraux et trois péquistes, signent ce matin une lettre ouverte dans La Presse dans laquelle ils donnent leur appui à une motion unanime qui vise à étendre la loi 101 aux entreprises de compétence fédérale.

Antoine Trussart Antoine Trussart
La Presse

« [N]ous voulons joindre nos voix à celle des élus de l’Assemblée nationale », affirment d’une seule voix Pierre Marc Johnson, Daniel Johnson, Lucien Bouchard, Jean Charest, Pauline Marois et Philippe Couillard. Pour eux, la promotion et la défense de la langue française sont « une responsabilité unique et une situation fragile qui exigeront de tous les élus une vigilance de tous les instants », ajoutent-ils.

Le 24 novembre dernier, l’Assemblée nationale du Québec a adopté à l’unanimité une motion qui visait entre autres à reconnaître « que la langue française est en déclin au Québec ». La motion enjoint aussi à l’Assemblée d’appuyer « la volonté du gouvernement du Québec de procéder à une importante réforme de la Charte de la langue française », peut-on lire.

Si cet élargissement de la Charte de la langue française aux entreprises fédérales au Québec devient réalité, toutes les entreprises de plus de 50 employés et qui sont régies par des lois fédérales devront avoir un certificat de francisation. Ce changement toucherait entre autres les banques, les entreprises de télécommunications et les entreprises de transport.

À Ottawa, où doit ultimement se prendre la décision, le Bloc québécois, le NPD, le Parti vert et les conservateurs ont tous appuyé la motion de Québec. Il ne reste que le Parti libéral de Justin Trudeau qui ne s’est pas encore positionné clairement sur la question.

Après plusieurs reports, la réforme de la Charte de la langue française doit être présentée au printemps prochain par Simon Jolin-Barrette, ministre responsable du dossier.