(Québec) Le premier ministre François Legault a balayé du revers de la main, mardi, les critiques sur l’accès à ses ministres monnayé au coût de 100 $.

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

Le Parti québécois (PQ) reproche à la Coalition avenir Québec (CAQ) d’organiser des webinaires, des rencontres virtuelles avec des ministres du gouvernement auxquelles on peut accéder en versant 100 $ à la caisse électorale du parti.

Le chef parlementaire péquiste, Pascal Bérubé, a relevé pas moins de 80 activités de ce genre dans le calendrier des activités de la CAQ.

Seulement la semaine dernière, six ministres participaient à des webinaires payants. Lundi, trois ministres se livraient au même exercice.

« Il y a bien des Québécois qui aimeraient avoir l’oreille d’un ministre, poser des questions, surtout en pandémie, où on sait que les gens en arrachent tous les jours et sont particulièrement vulnérables », a plaidé M. Bérubé à la période de questions.

« Il y a des entrepreneurs qui ne savent plus où donner de la tête. Le message qu’on envoie est celui-ci : si vous souhaitez avoir accès à un ministre, il faut que vous payiez 100 $, puis ça s’en va dans la caisse de la CAQ. »

M. Legault n’y voit rien de mal. Il a ajouté que tous les partis se livrent à cette pratique actuellement, bien que seul le gouvernement peut faire miroiter la présence de ministres pour attirer des donateurs.

« On ne peut pas faire des cocktails de financement parce qu’il y a la pandémie, donc les cocktails de financement se font parfois avec un ministre comme orateur, se font par Teams, Zoom », a justifié M. Legault.

Il a dit que du temps où il était ministre du PQ, il prenait part régulièrement à des cocktails de financement et même qu’il en avait fait un dans la circonscription de M. Bérubé, Matane.

Le PQ a rapidement rétorqué que M. Legault était bel et bien passé en 2009, mais il était alors dans l’opposition, donc ce n’était pas un ministre qui était sollicité pour recueillir des fonds.

Le PQ appelle à resserrer les pratiques de financement des partis politiques. Il ne faudrait pas rendre conditionnel l’accès à un ministre à une contribution à la caisse d’un parti, plaide le parti.

Le fonctionnement des webinaires de la CAQ ressemble à celui des cocktails de financement traditionnels qui se déroulent dans une salle.

Une fois la contribution acquittée, le participant a accès à une téléconférence par l’application Zoom. Le ministre livre une allocution, puis les participants peuvent poser des questions sur des enjeux souvent nationaux, durant 45 à 60 minutes en général.

La directrice générale de la CAQ, Brigitte Legault, avait assuré qu’il était impossible de profiter des faveurs du ministre pour faire avancer un dossier.