(Québec) Un débat sur la décriminalisation des drogues a été tué dans l’œuf vendredi à l’Assemblée nationale.

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

Québec solidaire (QS) a déposé une motion pour que les partis discutent de cet enjeu, mais le gouvernement caquiste n’a pas donné son consentement.

En conférence de presse plus tôt en matinée, le député QS Alexandre Leduc, qui pilotait cette motion, a fait valoir que de plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer la décriminalisation de la possession simple de drogue.

N’y a-t-il pas un risque de banaliser la consommation de drogue illégale comme la cocaïne ? lui a-t-on demandé en conférence de presse. Il a toutefois comparé la démarche à la légalisation du cannabis, ou encore la consommation d’alcool ou de tabac.

« On a eu le même débat avec le cannabis. Y a-t-il un danger de banalisation avec l’alcool, avec la cigarette ? C’est toute une question de santé publique. La personne qui consomme dans la rue est-elle plus ou moins à risque de surdose dans le cadre actuel que dans un cadre où on ne l’approche pas comme une criminelle ? C’est une question de dépendance, une question de santé publique. »

La motion appelait le gouvernement à organiser une rencontre de travail avec tous les partis, mais le leader parlementaire adjoint de la CAQ, Éric Caire, a refusé son consentement.

Rappelons que pour décriminaliser les drogues, il faudrait modifier le Code criminel, qui relève du gouvernement fédéral.

Cependant, le Québec pourrait néanmoins agir, selon M. Leduc, par exemple dans les consignes qui sont données aux corps policiers pour les cas de possession simple de stupéfiants. Ou encore, il serait possible d’en discuter avec le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), qui est chargé de déposer les accusations.