(Ottawa) Les multiples tentatives de l’opposition pour aller au fond de l’affaire UNIS (WE Charity, en anglais) commencent à porter fruit, malgré les manœuvres d’obstruction des libéraux depuis des semaines.

Catherine Lévesque
La Presse Canadienne

Lundi, le comité parlementaire sur l’éthique a voté en faveur d’une motion du néo-démocrate Charlie Angus, amendée par la bloquiste Marie-Hélène Gaudreau, visant à faire la lumière sur le contrat sans appel d’offres accordé à UNIS pour gérer le défunt programme de bourses de bénévolat étudiant.

Il est notamment prévu que le comité se penche sur les contrats conclus pour des allocutions publiques du premier ministre Justin Trudeau et de son épouse Sophie Grégoire Trudeau depuis que M. Trudeau a été élu à la Chambre des communes, le 14 octobre 2008.

Cette nouvelle motion a été introduite après que le Bloc québécois eut voté contre une motion similaire par erreur, et que M. Angus eut refusé de collaborer avec le Bloc qui avait tenté de corriger son erreur. Les membres libéraux faisaient obstruction au comité pour tenter de retarder le vote.

Il a finalement eu lieu lundi, à cinq voix contre cinq. Le président du comité, David Sweet, un conservateur, a tranché et a voté pour la motion.

L’obstruction libérale pourrait aussi prendre fin au comité parlementaire des finances, où les conservateurs tentent depuis des semaines d’obtenir des milliers de pages de documents en lien avec UNIS dans leur forme intégrale, sans caviardage.

Ils souhaitent que ce soit le conseiller juridique du comité qui décide si certains éléments devaient être caviardés pour des raisons de respect de la vie privée ou pour protéger les secrets du conseil des ministres.

Lundi matin, le gouvernement libéral a fait une proposition par la voix de son leader parlementaire, Pablo Rodriguez, sur Twitter.

« Le comité des finances doit poursuivre son travail. Nous avons accepté d’envoyer les documents non caviardés au légiste, sauf les documents caviardés pour protéger la confidentialité du Cabinet et les documents non pertinents, comme autorisé par la motion du comité », a écrit M. Rodriguez.

« Il est temps que l’opposition mette de côté la partisanerie et se remette à travailler pour lutter contre la pandémie de la COVID-19 et protéger les Canadiens », a-t-il ajouté, dans un autre gazouillis.

S’exprimant en conférence de presse, le porte-parole conservateur en matière de finances, Pierre Poilievre, s’est dit prêt à accepter un « compromis » et à accepter de ne pas tenter d’obtenir les documents protégés par le secret ministériel.

« Mettons-les de côté pour l’instant et donnons tous les autres documents au légiste parlementaire […] pour voir si ces documents devraient être livrés et divulgués au public », a-t-il insisté.

L’obtention de ces documents par le comité, selon M. Poilievre, permettra de déterminer s’il y a eu du « camouflage » dans l’octroi du contrat à UNIS. L’organisme a finalement renoncé à l’accord, invoquant une controverse politique, et le programme de bourses a depuis été abandonné.