(Québec) Le premier ministre François Legault soutient que l’appui important à Donald Trump témoigne d’une « grande anxiété économique » aux États-Unis, un sentiment que l’on retrouve au Québec aussi. Constatant que les Américains sont « très divisés », il espère un « apaisement des tensions » entre les camps républicains et démocrates.

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

M. Legault s’est permis une analyse des élections américaines jeudi, vingt-quatre heures après s’être limité à des commentaires laconiques et prudents sur les réseaux sociaux.

« Même si on n’a pas encore officiellement de gagnant, je pense qu’on peut quand même déjà tirer des leçons des résultats », a-t-il affirmé en conférence de presse.

« On a constaté que beaucoup de monde était surpris de voir le petit écart entre les votes pour M. Biden et M. Trump. Des gens ont été surpris de voir la hauteur du vote à M. Trump. Évidemment, on se pose tous des questions. Qu’est-ce que ça révèle ? Et je pense que ça montre, entre autres — je dis bien entre autres — une grande anxiété économique. »

Il a laissé entendre que le discours de Donald Trump sur la Chine et sa volonté de « rapatrier aux États-Unis une partie du secteur manufacturier » a pu plaire à plusieurs. « Je pense qu’il y a beaucoup de gens soit qui ont encore un emploi puis qui sont inquiets de le perdre ou qui ont perdu leur emploi dans le secteur manufacturier. Et je pense que c’est une grande préoccupation puis je pense qu’on peut appliquer la même chose ici, au Québec », a-t-il soutenu.

Il a souligné que « les Américains sont très divisés » alors que l’écart est bien mince entre Joe Biden et Donald Trump. « Ce n’est pas bon pour personne, puis ça vient s’ajouter à l’anxiété qui a été créée puis qui est toujours créée par la pandémie. Donc, moi, je souhaite vraiment, puis je pense qu’on doit tous souhaiter aux Américains un apaisement de ces tensions-là entre les deux groupes de citoyens. »

Peu importe le vainqueur, les États-Unis demeureront selon lui un partenaire commercial « crucial ». « Évidemment, on ne peut pas oublier, autant du côté de M. Biden que de M. Trump, tout ce discours protectionniste américain. Donc, ça doit nous amener, nous et le gouvernement fédéral, à faire beaucoup d’efforts de rapprochement, éventuellement, avec le gouvernement, et aussi avec les États », a ajouté M. Legault.