(Montréal) En réaction au drame survenu à Québec samedi, François Legault a mentionné que son gouvernement a déjà mis en place plus de ressources pour aider les personnes atteintes d’une maladie mentale, mais il a reconnu du même souffle qu’il y a encore « beaucoup à faire ».

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Le premier ministre a pris la parole lundi matin à Montréal et il a profité pour dénoncer les meurtres « injustes » de François Duchesne et Suzanne Clermont. Il a également souhaité un prompt rétablissement aux cinq blessés dans la nuit de l’Halloween dans le Vieux-Québec.

« Ce que nous avons vécu samedi soir, c’est effroyable. On ne peut pas comprendre comment on peut voir une telle violence gratuite », s’est exprimé M. Legault, tout en soulignant le courage de plusieurs citoyens et de policiers.

« La nation québécoise est pacifique, accueillante. La meilleure façon de répondre à ce qui s’est passé samedi soir à Québec est de rester nous-mêmes. Donc un peuple pacifique », a ajouté François Legault.

En ce qui concerne les ressources en santé mentale, M. Legault a reconnu qu’il y avait « beaucoup à faire ». Il a notamment évoqué que les autorités pourraient ajouter des travailleurs sociaux au sein des services de police pour œuvrer avec les policiers.

Même s’il ne cache pas que le Québec a besoin de plus de fonds en santé mentale, le premier ministre a tenu à rappeler que son gouvernement a déjà mis en place plus de ressources en santé mentale, par exemple en embauchant « 300 personnes additionnelles ». Quelque 300 autres devraient être embauchées prochainement. M. Legault a également souligné que plus d’argent a été versé à des organismes qui viennent en aide aux personnes atteintes d’une maladie mentale.

Il a aussi fait remarquer que la liste d’attente pour avoir accès aux services de santé mentale diminue. Elle est passée de 28 000 en 2019 à 16 000 actuellement.

« On a augmenté les budgets pour permettre donner des contrats au privé, a ajouté le premier ministre. Parce qu’on le sait, les personnes qui travaillent en santé mentale ont un salaire moins élevé que les personnes qui travaillent au privé. Donc actuellement, on donne des contrats aux gens du privé pour venir aider dans le secteur public. »

Lors du point de presse, François Legault a également envoyé une flèche au gouvernement fédéral qui, d’après lui, ne finance pas assez la santé. « Tous les premiers ministres de toutes les provinces disent que ça n’a pas de bon sens que le gouvernement fédéral soit passé de 50% du financement de la santé, incluant la santé mentale, à seulement 22%. Si on veut embaucher plus de personnel, ça prend de l’argent. »

Il a mentionné qu’il a parlé avec Justin Trudeau dimanche et qu’il a été « très clair » à ce propos. « On n’a pas actuellement un financement du gouvernement fédéral à la hauteur des besoins des provinces en santé, dans tous les domaines, que ce soit pour les ainés ou la santé mentale », a-t-il conclu.

Même si François Legault comprend que des gens peuvent être mécontents des mesures restrictives du mois de novembre, le premier ministre a indiqué qu’il ne prévoit pas adoucir les mesures avant le 23 novembre, pour le moment, en raison du nombre de nouveaux cas de COVID-19 qui ne diminue pas.