(Ottawa) Le chef conservateur Erin O’Toole s’en est pris à ce qu’il a désigné comme les élites financières, vendredi, affirmant que son parti doit prendre les inégalités plus au sérieux et soutenir l’aide d’urgence déployée en réponse à la crise sanitaire.

Jordan Press
La Presse Canadienne

M. O’Toole a profité d’un discours devant un public largement composé de gens d’affaires pour affirmer qu’il faut recalibrer la manière dont le pays crée de la richesse, sinon des forces « moins raisonnables » s’en chargeront.

« Trop de pouvoir est entre les mains des élites corporatives et financières qui sous-traitent des emplois à l’étranger avec plaisir », a lancé M. O’Toole devant le Club canadien de Toronto, selon une copie de son discours.

« Il est maintenant attendu d’un actionnaire qu’il demande à un PDG : « Pourquoi payons-nous un travailleur à Oshawa 30 $ de l’heure alors que nous pourrions en payer un en Chine 50 cents de l’heure ? Et pendant que cet actionnaire s’enrichit, le Canada s’appauvrit. »

M. O’Toole a reproché aux libéraux de favoriser les élites plutôt que les travailleurs et les accords de libre-échange plutôt que les emplois en sol canadien.

Le chef de l’opposition officielle a déclaré que le gouvernement devrait se concentrer sur la création de « solidarité », pas seulement de richesse. Il a aussi évoqué la nécessité d’intervenir dans l’économie quand ses retombées ne sont pas redistribuées ou quand il est question d’intérêt national.

Il s’est également fait l’écho de l’appel de la ministre des Finances, Chrystia Freeland, pour une aide continue afin de lutter contre la crise sanitaire et économique.

« Je n’aime pas les déficits. Mais l’alternative était bien pire », a plaidé M. O’Toole.

« Ce n’est pas quelque chose que j’appuierais en temps normal. Mais nous sommes confrontés à bien plus qu’une crise sanitaire. Nous sommes confrontés à la plus grande crise économique de notre vie. »

Lors de la séance de questions et réponses après son discours, M. O’Toole a précisé qu’il n’était pas en accord avec l’ampleur du déficit créé par les libéraux.

Le ministère de Mme Freeland a publié vendredi une mise à jour du montant que le gouvernement fédéral a emprunté pour fournir l’aide d’urgence jusqu’à présent.

Le déficit fédéral a atteint 170,5 milliards au cours des cinq premiers mois de l’exercice financier en cours, comparativement à 5,2 milliards entre les mois d’avril et d’août l’an dernier.

La revue financière mensuelle du ministère des Finances montre que les versements de la Prestation canadienne d’urgence se sont élevés à 58,8 milliards sur cette période et celles du programme fédéral de subventions salariales, à 37,4 milliards.

Des paiements représentant 19,2 milliards supplémentaires sont notamment attribuables au programme de prêts aux entreprises que les libéraux ont depuis élargi et à l’aide pour les loyers commerciaux que le gouvernement veut revoir.

Lors d’un discours prononcé devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, la ministre Freeland a indiqué que les libéraux chercheront bientôt à renforcer l’aide financière fédérale, en prolongeant la subvention salariale jusqu’à l’été prochain et en soutenant les entreprises en confinement.

« Nous exhortons tous les parlementaires à se joindre à nous pour approuver ces mesures cruciales », a-t-elle déclaré.