(Québec) À l’unanimité, l’Assemblée nationale a condamné mercredi l’attentat terroriste survenu le 16 octobre en banlieue de Paris, un évènement tragique, barbare, qui a coûté la vie à un enseignant, Samuel Paty, assassiné en pleine rue, menaçant du même coup la liberté d’expression en France.

Jocelyne Richer
La Presse Canadienne

La motion a été présentée par la députée libérale Marwah Rizqy, elle-même enseignante, et appuyée par les trois autres formations politiques représentées à l’Assemblée nationale.

Une minute de silence à la mémoire du disparu a suivi les commentaires des élus sur la motion, qui sera expédiée au consulat général de France à Québec.

Les établissements d’enseignement ont été invités à observer eux aussi une minute de silence, en guise de solidarité.

Samuel Paty, qui enseignait l’histoire et la géographie dans un collège de la banlieue parisienne, a été tué et décapité pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet à ses étudiants, lors d’un cours portant sur la liberté d’expression, soulevant aussitôt l’indignation mondiale.

« Liberté, égalité, fraternité. La violence extrême, les actes barbares, les exécutions contre ceux qui posent des questions, qui s’expriment librement, nous rappellent à chaque fois à quel point nos droits humains sont fragiles », a commenté d’entrée de jeu la députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy.

« L’obscurantisme, le totalitarisme et le terrorisme doivent être combattus avec la meilleure arme qui soit, l’éducation, a poursuivi la députée et professeure de fiscalité en congé, inquiète de constater que « les terroristes islamistes, après s’être attaqués aux journaux, à la liberté d’expression, maintenant s’attaquent au plus beau métier du monde, être enseignant, car ils savent très bien qu’en s’attaquant à l’enseignement, ils s’attaquent au savoir. Et le savoir, c’est la liberté, que pour être un homme et une femme libres, nous devons encore être informés. »

La ministre des Relations internationales, Nadine Girault, a renchéri pour affirmer qu’il n’y a pas « de place pour la haine et l’intolérance dans notre société. Il n’y a pas de place pour l’extrémisme dans nos sociétés ».

Le député solidaire de Laurier-Dorion, Andrès Fontecilla, a livré un plaidoyer en faveur de la liberté d’expression.

« La liberté d’expression, c’est un phare. La liberté d’expression, il faut la chérir. La liberté d’expression n’a pas de religion. On la défend pour tous les professeurs, et également, pour tous les citoyens. Pour tous les citoyens, peu importe leur religion. Pour les musulmans, pour les chrétiens ou pour les non-croyants », a-t-il fait valoir, disant souhaiter que ce crime « ignoble » n’accroîtra pas le ressentiment envers les populations de confession musulmane.

Le député péquiste des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, a décrit l’attentat comme « une scène d’horreur, un crime de haine pure ».

Ce « lâche assassinat » doit encourager les sociétés à « faire obstacle à toute forme de radicalisme », a-t-il souhaité, ajoutant « qu’aujourd’hui, nous sommes tous profs ».