(Ottawa) Deux parlementaires s’associent à des législateurs de quatre autres pays dans un effort international visant à forcer les géants du web à freiner la prolifération des contenus antisémites en ligne.

Stephanie Levitz
La Presse Canadienne

Le député libéral Anthony Housefather et le député conservateur Marty Morantz font partie d’un nouveau groupe de travail qui comprend des politiciens d’Australie, d’Israël, du Royaume-Uni et des États-Unis.

Un rapport publié au Royaume-Uni cet été a indiqué que les incidents d’antisémitisme en ligne étaient en augmentation dans ce pays, motivés par des théories du complot selon lesquelles les Juifs seraient responsables de la pandémie de COVID-19.

Au Canada, le groupe de défense B’nai Brith a déclaré que les incidents antisémites étaient globalement en hausse, avec une augmentation de 11 % du harcèlement en ligne qui prône souvent le génocide.

Mais la manière dont différents pays mesurent et définissent le problème est un obstacle pour convaincre les entreprises du web de le résoudre, a expliqué M. Housefather.

Le but du groupe de travail est d’amener les pays partageant les mêmes idées à s’entendre sur la manière de définir le problème, de le résoudre, de convaincre leurs législatures respectives d’adopter des lois similaires, puis de faire pression collectivement sur les entreprises pour qu’elles agissent, a-t-il précisé.

« Si nous pouvons trouver quelque chose qui est commun à tout le monde, cela facilitera beaucoup la vie des fournisseurs pour qu’ils coopèrent avec nous », a-t-il noté.

Le groupe de travail est lancé au moment où les libéraux fédéraux ont promis, dans le discours du Trône de la semaine dernière, de prendre davantage de mesures pour lutter contre la haine en ligne dans le cadre d’un effort pour lutter contre le racisme systémique.

Les entreprises de médias sociaux ont été soumises à des pressions soutenues pour qu’elles en fassent davantage pour lutter contre la haine en ligne et donner aux utilisateurs de meilleurs outils pour signaler les cas de haine.

Plus tôt cette année, Twitter a commencé à signaler certains tweets du président américain Donald Trump pour violation de ses politiques, affirmant que les messages contenaient des menaces de préjudice contre un groupe identifiable.

Mais, ont déploré MM. Housefather et Morantz, Twitter ne fait rien lorsque le dirigeant iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, publie des tweets appelant à la destruction d’Israël ou utilise un langage violent ou potentiellement raciste pour décrire l’État.

M. Morantz a affirmé que si le groupe de travail se concentre sur l’antisémitisme, son travail peut également s’appliquer à plus grande échelle.

« La haine contre un groupe en ligne est vraiment une préoccupation pour tous les groupes », a déclaré M. Morantz.

« Nous devons souligner que si nous ne pouvons protéger une minorité, nous ne pouvons en protéger aucune. »

Le gouvernement libéral s’est engagé à plusieurs reprises à en faire plus pour lutter contre les discours haineux en ligne.

Lors de la dernière élection, les libéraux ont promis de nouvelles réglementations pour les plateformes de médias sociaux, y compris une obligation de supprimer « les contenus illégaux, y compris les discours haineux, dans les 24 heures sous peine de sanctions importantes ».

Des critiques, y compris des médias conservateurs comme True North et The Rebel, ont accusé les libéraux de vouloir sévir contre la liberté d’expression.

M. Morantz a indiqué qu’une distinction doit être faite entre la liberté d’expression et ce qui enfreint les lois pénales existantes. L’accent doit être mis sur ce dernier, a-t-il dit.