(Québec) Après des « décennies de débats et scandales médiatiques » sur le traitement des aînés au Québec, Québec solidaire estime qu’il est temps de créer un « véritable » ministère des Aînés et des Proches aidants. Une proposition qui n’est pas étrangère aux récentes déclarations de la ministre responsable, Marguerite Blais, sur la gestion de la crise sanitaire dans les CHSLD.

Fanny Lévesque Fanny Lévesque
La Presse

« Ça fait trop longtemps que la question des aînés, c’est une question secondaire pour les gouvernements », affirme le co-porte-parole de la formation, Gabriel Nadeau-Dubois. « J’espère qu’on se rend compte maintenant que les aînés, ça doit être une priorité nationale », a-t-il ajouté dans une entrevue avec La Presse.

La mise sur pied d’un ministère des Aînés et des Proches aidants « en bonne et due forme » fait partie de la solution pour éviter que le dossier des aînés continue de tomber « en dessous de la liste des priorités », explique M. Nadeau-Dubois.

Il faut apporter « des changements structurels » et avoir un ministre qui a les « coudées franches » par rapport à l’imposant ministère de la Santé et des Services sociaux, dit-il. Selon lui, la création d’une telle structure aurait à tout le moins garanti « une plus grande imputabilité » lorsqu’on trace le bilan de la première vague.

« Ce qu’on veut, c’est que plus jamais au Québec, une personne puisse utiliser les excuses que Marguerite Blais utilise », lance Gabriel Nadeau-Dubois.

M. Nadeau-Dubois fait allusion à l’entrevue de la ministre responsable accordée à l’émission Enquête de Radio-Canada lors de laquelle elle écorche François Legault et le DHoracio Arruda. Elle a aussi déclaré que le « pouvoir, c’est extrêmement relatif » et que « c’est celui que le premier ministre te donne ».

Encore la semaine dernière, la protectrice du citoyen a accusé Québec de laxisme dans la gestion des CHSLD. Les rapports d’enquête gouvernementale sur la crise dans les CHSLD Sainte-Dorothée et Herron ont aussi démontré la présence de « contexte permanent » de pénurie de main-d’œuvre et d’un « cadre de gestion » complexe.

« Les rapports publiés dans les derniers jours sur les CHSLD nous disent la même chose que les rapports faits au début des années 2000. Il y a 20 ans », déplore-t-il.

La proposition de Québec solidaire « n’a rien d’abstrait », estime son co-porte-parole. « Il s’agit de dire : est-ce que les aînés sont un enjeu assez important pour qu’il y ait quelqu’un, au Conseil des ministres, pour qui c’est la seule responsabilité et que cette personne-là soit imputable à 100 % ? » interroge M. Nadeau-Dubois.

Comme le ministère de la Famille

Le leader solidaire prend exemple sur la création du ministère de la Famille en 1997. « Quand on a mis sur pied ce ministère, c’est parce qu’on jugeait que c’était assez important pour qu’une personne coordonne cette question-là au gouvernement, même s’il y avait des liens avec l’Éducation », illustre-t-il.

Il souligne par ailleurs que le dossier des aînés, ce n’est pas seulement « les CHSLD et les milieux d’hébergement » et qu’un ministère à part entière devrait avoir le mandat d’élaborer des « politiques sociales et globales » pour les aînés. Ce nouveau ministère, s’il voit le jour, devrait aussi pouvoir compter sur un budget « conséquent » pour accomplir son mandat.

Dans le gouvernement actuel, les Aînés et les Proches aidants sont sous la responsabilité de Mme Blais, qui relève du ministre de la Santé et des Services sociaux.