(Ottawa) L’avocate montréalaise Meryam Haddad fait appel de son expulsion de la course à la direction du Parti vert du Canada — et elle pourrait connaître son sort dès mercredi soir.

Mia Rabson
La Presse Canadienne

Une source au sein de son équipe de campagne a indiqué que l’appel avait été déposé en après-midi et que les instances du parti devaient se prononcer en soirée.

Mme Hadadd dit avoir été informée mardi après-midi que le parti l’excluait de la course, invoquant des violations du code de conduite.

« Ce n’est pas la première fois que (l’establishment du parti) attaque notre mouvement, ou moi-même personnellement, écrit-elle sur sa page Facebook. Ils le font parce qu’ils savent que nous sommes une menace pour le statu quo. Ils ont vu 15 000 nouveaux membres rejoindre le parti, dont beaucoup s’inspirent de notre campagne. »

Mme Haddad soutient aussi que la cheffe sortante Elizabeth May, qui demeure une voix puissante au sein du Parti vert à titre de députée et leader parlementaire, a récemment partagé sur Twitter un commentaire critiquant la candidate montréalaise pour avoir apporté son soutien en Colombie-Britannique au Parti des écosocialistes, qui se dit « à gauche du NPD et plus vert que le Parti vert ».

Mme May a partagé le message accusant Mme Haddad de « poignarder (ses) cousins provinciaux dans le dos » et estimant qu’elle ne « méritait pas d’être la cheffe de quoi que ce soit ».

Cette décision des instances du Parti vert survient quelques jours à peine avant le début, samedi, du vote électronique pour l’élection du prochain chef. Près de 35 000 personnes se sont inscrites pour voter dans le cadre de cette course ; le nom du remplaçant d’Elizabeth May sera annoncé à Ottawa le 3 octobre.

Meryam Haddad estime que la décision de l’exclure constitue une « attaque contre la démocratie, la jeunesse, le progrès et les idées qui menacent le statu quo ».

« J’ai 48 heures (jusqu’à 3 h jeudi) pour faire appel de ce processus », écrit Mme Haddad.

Une porte-parole du parti a déclaré qu’il n’y aurait aucun autre commentaire avant que l’appel de Mme Hadadd ne soit entendu.

Mme Haddad est la deuxième personne à être expulsée de la course par les instances du parti. En juin, le militant écologiste montréalais Dylan Perceval-Maxwell avait été lui aussi expulsé après des propos tenus lors d’un débat virtuel des candidats. Il avait suggéré que les policiers paient 20 $ à chaque personne racisée qu’ils arrêtent, pour les inciter à réfléchir avant de procéder. Mme Haddad faisait d’ailleurs partie de ceux qui avaient déploré ces propos, qu’elle a qualifiés de « super racistes ».

La vétérane Judy Green, de la Nouvelle-Écosse, s’est retirée de la course en août et elle a appuyé l’avocat de la Colombie-Britannique David Merner. Si l’exclusion de Mme Haddad est maintenue, sept candidats demeurent en lice : Courtney Howard (T. -N.-O.), Amita Kuttner (C.-B.), Dimitri Lascaris (Qc), David Merner (C.-B.), Glen Murray (Man), Annamie Paul (Ont) et Andrew West (Ont).