(Ottawa) À un peu plus d’une semaine de la présentation du discours du Trône, le chef néo-démocrate Jagmeet Singh minimise l’importance de l’exercice et suggère que le vrai test sera le dépôt du prochain budget.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

« Ce qu'ils diront dans le discours du Trône n'aura pas d'impact. Ça n'a pas vraiment d'importance », a laissé tomber le dirigeant du Nouveau Parti démocratique (NPD) en point de presse à Ottawa avant une réunion stratégique du caucus de son parti, mardi.

« Je ne serai pas surpris si le premier ministre dit de belles choses, parle de certaines de nos demandes comme l'assurance-médicaments universelle [...] et s'il dit des choses que les Canadiens veulent entendre, que nous voulons entendre. Mais ce qui m'inquiète, c'est qu'il s'agisse de paroles vides », a noté M. Singh.

Les yeux des néo-démocrates sont davantage tournés vers le dépôt du prochain budget, a-t-il signalé : « En réalité, ce que je veux voir, c'est la mise en oeuvre ; le projet de loi sur la mise en oeuvre budgétaire sera peut-être une bonne façon pour nous de voir concrètement si le gouvernement est sérieux ».

L’allocution solennelle qui sera lue le mercredi 23 septembre par la gouverneure générale Julie Payette fera l’objet d’un vote de confiance. Pour survivre, le gouvernement libéral minoritaire doit rallier au moins l’un des trois partis d’opposition reconnus.

Le discours du Trône est un énoncé traditionnellement calqué sur les plateformes électorales. Cette fois, l'accent sera mis sur le plan des libéraux « pour assurer la sécurité des Canadiens pendant que nous rebâtissons le pays afin qu’il soit plus fort et qu’il profite à tous », a-t-on noté au gouvernement.

Le chef Singh a tenu à signaler que la décision de ses troupes serait prise une fois que le discours aura été prononcé. Dans les banquettes du NPD, on avait voté contre le discours du Trône qui avait été présenté le 5 décembre dernier.

Le Bloc québécois l'avait approuvé, jugeant y avoir trouvé son compte.

La même chose pourrait se produire cette fois-ci également, si on y estime que le contenu est satisfaisant, a récemment souligné le chef Yves-François Blanchet, et ce, même si sa formation avait menacé de faire tomber le gouvernement dès l’automne en raison de l’affaire WE Charity.

Le nouveau chef de l'opposition officielle, Erin O'Toole, a plaidé il y a quelques jours que le déclenchement d'un scrutin à l'automne était loin d'être un scénario idéal, alors qu'une deuxième vague de la COVID-19 pointe à l'horizon.

Mais dans un camp comme dans l'autre, on dit être prêt, peu importe l'issue du vote de confiance.

Trudeau rencontrera finalement les autres chefs

Le bureau du premier ministre a indiqué mardi que ce dernier s’entretiendrait « plus tard dans la semaine au sujet du prochain discours du Trône ». Ces rencontres se tiendront ainsi à quelques jours seulement de la lecture de l’allocution.

Le chef du NPD a signalé mardi qu’il avait accepté l’invitation.

Le premier ministre Trudeau commençait à essuyer certaines critiques pour sa lenteur à consulter ses rivaux des autres partis. Après avoir perdu sa majorité, en octobre 2019, il s'était fait un devoir de les rencontrer tous, et ce, plusieurs semaines avant la présentation du discours du Trône.

Au Bloc québécois, on a aussi accepté un entretien avec Justin Trudeau, même si on aurait préféré échanger avec sa vice-première ministre Chrystia Freeland, a commenté en entrevue Carolane Landry, la porte-parole de la formation politique.