(Québec) Sylvain Gaudreault dévoile sa stratégie pour faire du Québec un pays, alors que les candidats dans la course à la direction du Parti québécois (PQ) prendront part à un premier débat, mercredi prochain.

Hugo Pilon-Larose Hugo Pilon-Larose
La Presse

Après Guy Nantel mardi, qui a promis un pays en deux ans s’il est élu premier ministre, Sylvain Gaudreault réitère qu’il tiendra aussi un référendum dans un premier mandat majoritaire. Les préparatifs pour y arriver commenceraient toutefois dès son élection à titre de chef.

« Je veux un référendum dans un premier mandat. Je pense que je donne la bonne procédure pour y arriver. […] Si les Québécois m’élisent en 2022, ils sauront qu’ils auront un référendum », a affirmé vendredi le député de Jonquière en entrevue avec La Presse.

Dans un document de huit pages qui nous a été transmis, le seul candidat à la succession de Jean-François Lisée qui est actuellement député à l’Assemblée nationale annonce qu’il formerait dès son élection comme chef neuf comités d’experts et de militants pour réfléchir aux enjeux de constitution, de citoyenneté, de relations avec les peuples autochtones, de finances et d’économie, de services gouvernementaux, de continuité des lois, de territoires, de relations internationales et de monnaie.

En mars dernier, les jeunes péquistes avaient adopté une résolution lors de leur congrès pour qu’un Québec souverain crée sa propre monnaie québécoise, plutôt que d’utiliser le dollar canadien. Ce genre de débats - comme la préparation d’un budget de l’an un à temps pour l’élection de 2022 - seraient étudiés par les comités, a-t-il illustré.

Un nouveau Secrétariat à l’indépendance

Si Sylvain Gaudreault était élu premier ministre d’un gouvernement majoritaire en 2022, il créerait un Secrétariat à la préparation et à la transition vers l’indépendance du Québec, qui dépouillerait « le lieutenant-gouverneur de tous ses crédits en provenance des finances du Québec et allouerait les sommes ainsi économisées au budget de ce Secrétariat », annonce-t-il dans sa démarche d’ascension à la souveraineté.

L’aspirant chef ne contourne aucun sujet dans ce document. Il prévoit préparer des traités d’alliance avec le Canada, des négociations sur la gouvernance d’une banque centrale, formuler un énoncé politique de défense nationale (l’armée), signer des accords commerciaux, etc. M. Gaudreault est aussi optimiste quant à l’adhésion des peuples autochtones à sa démarche.

« Le Québec peut et doit devenir un leader exemplaire de démocratie où coexistent pacifiquement plusieurs nations autochtones et la nation québécoise. […] Avec les Premières Nations et la nation inuite, nous avons l’opportunité de créer un projet d’indépendance qui suscite l’admiration et l’adhésion de la communauté internationale », écrit-il dans son document de travail.

« Être prêt »

Depuis le début de la course à la direction du Parti québécois, l’humoriste Guy Nantel, l’avocat Paul St-Pierre Plamondon et le député Sylvain Gaudreault ont tous promis un référendum dans un premier mandat. Seul l’enseignant en histoire Frédéric Bastien a affirmé l’hiver dernier qu’une telle promesse conduirait le PQ à sa perte.

Mais alors que le Québec est empêtré comme toutes les sociétés du monde dans une crise sanitaire sans précédent, l’enjeu d’un référendum peut sembler loin des préoccupations des citoyens. Sylvain Gaudreault craint-il de sembler déconnecté, en présentant un plan aussi détaillé ?

« Je suis extrêmement conscient d’où on part. On est neuf députés, je le vis tous les jours, je sais qu’au mieux dans les sondages, l’indépendance est à 30 ou 35 % d’adhésion, et même dans cette opinion publique ce n’est pas parce que les gens disent qu’ils sont indépendantistes qu’ils vont en faire leur premier choix quand ils vont voter. Donc il faut d’abord absolument remettre [l’indépendance] à l’avant-plan », a-t-il répondu.

« Au-delà de la mécanique, […] la stratégie est de démasquer le gouvernement Legault quant à son nationalisme de façade. De mettre en contradiction ses revendications nationales du Québec face à Ottawa et dont l’accomplissement ne peut se réaliser que par l’indépendance », a-t-il ensuite ajouté.