(Ottawa) Le commissaire à l’éthique n’enquêtera pas que sur le premier ministre Justin Trudeau, mais aussi sur son ministre des Finances Bill Morneau pour vérifier s’il a contrevenu à la loi lorsque le gouvernement fédéral a choisi l’organisme UNIS (WE) pour gérer un programme de bénévolat étudiant de 900 millions.

Catherine Lévesque
La Presse canadienne

Jeudi matin, le commissaire Mario Dion a avisé les députés conservateurs Michel Barrett, Michael Cooper, Pierre Poilievre et le député néo-démocrate Charlie Angus qu’il enquêtera sur le cas de M. Morneau et que le ministre des Finances a été mis au courant. M. Dion publiera un rapport une fois l’étude terminée.

Dans une lettre transmise aux députés, M. Dion indique qu’il tentera de déterminer si le ministre des Finances a contrevenu à la section 6 (1) de la Loi sur les conflits d’intérêts, qui « interdit à tout titulaire de charge publique de prendre une décision ou de participer à la prise d’une décision dans l’exercice de sa charge s’il sait ou devrait raisonnablement savoir que, en prenant cette décision, il pourrait se trouver en situation de conflit d’intérêts ».

Tout comme M. Trudeau, M. Morneau a admis qu’il ne s’était pas récusé des discussions du cabinet entourant l’octroi du contrat à l’organisme UNIS. Mais tout comme M. Trudeau, la famille de M. Morneau entretient des liens étroits avec UNIS.

En fait, il a été révélé dans les derniers jours que les deux filles du ministre des Finances ont des liens avec UNIS - l’une d’entre elles a prononcé un discours pour l’organisme en 2016 et une autre est une employée contractuelle pour UNIS.

Lundi, MM. Trudeau et Morneau ont admis qu’ils avaient fait une erreur en ne se récusant pas des discussions entourant UNIS vu la proximité de l’organisme avec des membres de leurs familles respectives. Ces excuses n’ont pas été jugées suffisantes par les partis d’opposition, qui estiment que toute la lumière devrait être faite sur cette affaire.

Dans une déclaration transmise à La Presse Canadienne, M. Morneau a assuré qu’il allait « pleinement » coopérer à l’enquête du commissaire à l’éthique et qu’il comptait se retirer de toutes discussions concernant UNIS dans le futur.

M. Dion avait déjà annoncé au début du mois que M. Trudeau allait faire l’objet d’une enquête pour son implication dans l’affaire UNIS. Il s’agit de la troisième fois que son bureau enquêtera à son sujet, le premier ministre ayant déjà été visé par des enquêtes au sujet de son voyage avec l’Aga Khan et l’affaire SNC-Lavalin.

Le commissariat rappelle qu’une enquête prend en moyenne sept mois.