Le gouvernement du Québec a consenti 2,5 millions sur les trois prochaines années pour la prévention des noyades.

Frédéric Daigle
La Presse canadienne

La ministre déléguée à l’Éducation et responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, était à la Piscine olympique de Montréal, mercredi, pour dévoiler le financement octroyé à la Société de sauvetage et au Fonds Raphaël-Bernier pour soutenir les programmes Nager pour survivre et Nager pour survivre Plus.

Il s’agit de programmes qui sont ainsi reconduits pour les trois prochaines années après avoir été mis en place en 2010.

« Ces programmes ont prouvé leur efficacité et je suis convaincue qu’ils pourront encore sauver des vies », a noté Mme Charest.

Ces programmes permettent aux élèves du deuxième cycle du primaire et du premier cycle du secondaire de prendre conscience de leurs capacités en milieu aquatique et de développer des habiletés pour survivre à une chute inattendue en eau profonde.

Une portion de ce montant global, soit 1,5 million, vise le soutien au déploiement du programme Nager pour survivre par l’intermédiaire de la Société de sauvetage. Le reste du montant sera versé au Fonds Raphaël-Bernier, qui exerce ses activités au sein de la Société de sauvetage, pour le programme Nager pour survivre Plus.

« Afin d’assurer une pérennité de ces programmes, le Fonds Raphaël-Bernier amasse des fonds afin de pouvoir déployer de façon plus importante les formations, qui pourraient éventuellement être offertes à tous » a expliqué Mme Charest.

Le programme Nager pour survivre comporte trois leçons en classe sur la sécurité aquatique et trois leçons d’une heure en piscine. Dans l’eau, les enfants apprennent à entrer en eau profonde par roulade, à nager sur place pendant une minute et, finalement, à nager sur une distance de 50 mètres.

Nager pour survivre Plus reprend les mêmes éléments, mais se veut plus réaliste puisqu’il exige des enfants qu’ils atteignent les mêmes objectifs, mais en vêtements.

Les sommes allouées serviront à payer les coûts relatifs à l’engagement de moniteurs et de sauveteurs, à la location des piscines et au transport des jeunes qui suivront les formations.

Les élèves ciblés par ces programmes — qui ne remplacent pas les cours de natation — viennent notamment d’écoles ayant un indice de défavorisation élevé et sont issus de l’immigration.

« Ça représente une clientèle plus vulnérable, a constaté la ministre déléguée. Quant à la clientèle immigrante, on a vu au cours des dernières années qu’il y avait un plus grand besoin de ce côté. On cible ces deux clientèles puisqu’on ne peut pas offrir ces formations à tous les enfants du Québec. »

Chaque année au Québec, environ 80 décès sont liés à l’eau. La Société de sauvetage estime qu’en 2021-22, plus de 120 000 élèves auront participé aux programmes depuis le début des projets pilotes, en 2010.

« Par cet engagement, […] nous pourrons réaliser notre mission visant à favoriser les interactions sécuritaires avec l’eau et prévenir les noyades et autres traumatismes, ce qui permettra aux élèves du Québec de développer des habiletés de base pour faire face à des situations hasardeuses en milieu aquatique », a déclaré son directeur général, Raynald Hawkins.