(Ottawa) « Extrêmement préoccupé » par la sévère Loi sur la sécurité imposée par Pékin à Hong Kong, Justin Trudeau a annoncé vendredi une série de restrictions diplomatiques et économiques, dont la suspension du traité d’extradition avec Hong Kong. Le premier ministre canadien a aussi ouvert la porte à des mesures d’immigration.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

« Nous sommes très préoccupés par la situation à Hong Kong. C’est pour ça que nous avons pris des mesures immédiates qui soulignent notre préoccupation avec les mesures que la Chine a prises. […] Nous allons aussi chercher d’autres mesures pour souligner notre désapprobation et notre espoir que le principe d’"un pays deux systèmes", qui est à la base de Hong Kong, continue de rester en place », a commenté Justin Trudeau vendredi lors d’un point de presse à Gatineau.

Le président chinois Xi Jinping a promulgué cette semaine la controversée Loi sur la sécurité nationale qui vise officiellement à réprimer le séparatisme, le terrorisme, la subversion et la collusion avec les forces étrangères sur l’île autonome chinoise.

Dans les faits, cette loi risque de permettre aux dirigeants de Hong Kong – contrôlés par Pékin – d’étouffer la contestation populaire et d’arrêter les détracteurs du régime. Elle a ainsi été largement dénoncée par l’opposition hongkongaise et les démocraties dans le monde.

Le ministre fédéral des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, a dénoncé vendredi le « processus secret » des autorités chinoises pour imposer cette loi « au mépris de la Loi fondamentale de Hong Kong et du haut degré d’autonomie promis à Hong Kong en vertu du cadre « un pays, deux systèmes »  ».

C’est pour cette raison que le Canada a été « contraint » de réévaluer certaines dispositions économiques et diplomatiques.

« En vigueur immédiatement, le Canada traitera les exportations de bien sensibles vers Hong Kong de la même façon que ceux destinés à la Chine. Le Canada n’autorisera pas l’exportation d’articles militaires sensibles vers Hong Kong. Le Canada suspend également le traité d’extradition Canada-Hong Kong », a indiqué le ministre Champagne, dans un communiqué.

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, entend permettre à trois millions de résidants de Hong Kong de s’installer au Royaume-Uni et d’obtenir leur citoyenneté. Rappelons que le Royaume-Uni a rétrocédé Hong Kong à la Chine en juillet 1997 en échange du respect de l’autonomie hongkongaise pendant 50 ans, le fameux principe « un pays, deux systèmes ».

Vendredi, Justin Trudeau ne s’est pas engagé à faire de même, mais a ouvert une porte pour aider les Hongkongais à immigrer au Canada. « Dans les jours et les semaines suivantes, nous allons étudier d’autres mesures, y compris d’immigration », a-t-il indiqué, en anglais. Selon le premier ministre, 300 000 Canadiens habitent à Hong Kong.