(Ottawa) Le premier ministre Justin Trudeau a encore une fois défendu la décision de son gouvernement de confier à l’organisme de bienfaisance UNIS la gestion d’une bourse de 912 millions de dollars pour le bénévolat étudiant.

Jordan Press
La Presse canadienne

La conception même de ce programme, qui accordera jusqu’à 5000 $ à des étudiants en mal d’emploi cet été, a également fait l’objet de critiques. On lui reproche notamment de remplacer du travail rémunéré par du bénévolat, en échange d’une somme inférieure à ce qui serait gagné sous le salaire minimum. Ses règles pourraient faire en sorte que les montants plus importants ne soient accessibles qu’aux jeunes déjà suffisamment aisés pour donner beaucoup de leur de temps, craint-on aussi.

Lors de sa conférence de presse quotidienne, lundi, le premier ministre a fait valoir que seule une organisation d’envergure pouvait administrer cette bourse, car au cours des derniers jours, environ 25 000 jeunes ont déjà soumis une demande pour en profiter.

UNIS, connu en anglais sous le nom de « WE », est selon lui le plus important organisme jeunesse au pays — et le seul avec la « capacité » requise pour gérer le nouveau programme.

Ce dernier constat n’est pas le sien, mais bien celui de la fonction publique, a-t-il souligné.

Dans une lettre adressée à la vérificatrice générale, Karen Hogan, dimanche, les conservateurs ont demandé une enquête sur cette décision de « sous-traiter » la Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant. Il estiment que cela mine la capacité du Parlement à surveiller le programme, notant également les liens antérieurs du premier ministre Justin Trudeau avec l’organisation.