(Ottawa) Le ministère de la Défense nationale est rappelé à l’ordre au sujet du déploiement du plan libéral d’investir des dizaines de milliards de dollars dans de nouveaux équipements pour les troupes et de la formation.

La Presse canadienne

Un audit interne du ministère de la Défense a donné suite aux préoccupations selon lesquelles les retards et autres problèmes ralentissent la mise en œuvre du plan dévoilé en 2017.

Plus tôt cette année, le Département de la Défense a révélé que plus de 100 des quelque 300 projets d’investissement associés au plan avaient du retard. Pour certains équipements requis de façon urgente, les dates de livraison étaient repoussées de plusieurs années.

Le plan est considéré comme essentiel pour remplacer une grande partie du matériel militaire et ajouter notamment des drones armés et des défenses dans le cyberespace et l’espace.

Les vérificateurs ont constaté qu’il y avait moins de trois personnes spécifiquement chargées de superviser la mise en œuvre du plan de défense, qui vise à investir 553 milliards de dollars dans l’armée en 20 ans.

À titre de comparaison, 32 membres du personnel supervisaient un exercice de réduction des coûts des conservateurs en 2013, visant à éliminer 1,2 milliard de dollars de déchets annuellement. La démarche a obtenu un succès limité.

« La capacité de l’équipe de mise en œuvre de Protection Sécurité Engagement est limitée et à ce titre, certaines fonctions de suivi et de validation indépendante des informations ne sont pas effectuées », selon le rapport d’audit.

Les vérificateurs s’inquiètent que les hauts responsables de la défense ne reçoivent pas d’informations claires et précises sur l’état du plan, d’où la crainte de mauvaises décisions.

La porte-parole du ministère de la Défense, Jessica Lamirande, a dit que des problèmes identifiés par les auditeurs ont été résolus et que pour d’autres, le travail se poursuit.

« Nous voyons d’un bon œil ce genre d’exercice, a dit Mme Lamirande, par courriel. Cela nous aide à cerner où des ajustements et des améliorations peuvent être apportés. Toutes ces recommandations sont en cours de traitement. Le processus est terminé dans plusieurs cas et bien avancé dans les autres. Certaines recommandations ont validé des travaux déjà en cours. »

La nécessité de mettre correctement en œuvre le plan et d’éliminer les retards est encore plus importante maintenant, estime David Perry, analyste à l’Institut canadien des affaires mondiales.

Il invoque les craintes que le gouvernement fédéral commence à réduire les dépenses de défense pour en quelque sorte financer les programmes d’aide d’urgence, en lien à la crise de la COVID-19.