(Ottawa) Près des deux tiers des candidats aux dernières élections fédérales ont estimé qu’il y avait un problème avec la diffusion de fausses informations en ligne selon un récent rapport d’enquête.

Jim Bronskill
La Presse canadienne

L’enquête, menée pour Élections Canada par Ekos Research Associates, a révélé que parmi ceux qui ont considéré les fausses informations comme un casse-tête pendant la campagne, 30 % ont déclaré que cela avait eu un impact majeur sur le résultat des élections.

Selon plus de deux candidats sur cinq, des pays ou des groupes étrangers utilisaient les médias sociaux et d’autres moyens pour influencer l’opinion politique des Canadiens.

Au total, 1172 entrevues ont été réalisées-396 par téléphone et 776 en ligne – du 25 octobre au 27 novembre 2019, à partir d’une liste des 2146 candidats qui se sont présentés aux élections d’automne qui ont permis aux libéraux de Justin Trudeau d’obtenir un deuxième mandat, mais avec une minorité cette fois-ci.

Les résultats du sondage ont été pondérés selon l’âge et le parti du candidat, ainsi que si le candidat était un député sortant et s’il a été élu ou non, afin de refléter les caractéristiques démographiques de tous les candidats.

Le gouvernement fédéral a récemment annoncé que le Canada s’est associé au géant de la technologie Microsoft et à l’Alliance pour la sécurité de la démocratie, un groupe de la société civile basé aux États-Unis, pour lutter contre l’ingérence électorale dans le cadre de l’Appel de Paris, une déclaration internationale établie en novembre 2018 pour la confiance et la sécurité dans le cyberespace.

« Pendant de nombreuses années, Internet nous a été présenté comme un espace d’opportunités, qui garantissait les libertés collectives et était un allié naturel de la démocratie », a déclaré le président du Conseil privé Dominic LeBlanc lors de l’annonce.

« Ces dernières années ont servi, dans une certaine mesure, de mécanisme de refroidissement, montrant à quel point nous pouvons être vulnérables aux menaces à la fois à la cyberinfrastructure et aux campagnes de désinformation. »

64 % des personnes ayant répondu à l’enquête ont déclaré qu’il y avait un problème avec la diffusion de fausses informations en ligne pendant la campagne, tandis que 22 % ont dit que ce n’était pas un problème et 14 % ne le savaient pas.

Les candidats des partis représentés à la Chambre des communes et les candidats de moins de 35 ans étaient généralement plus susceptibles que les autres de percevoir une propagation de fausses informations, selon le rapport d’enquête.

Les candidats de l’Alberta étaient plus susceptibles que ceux des autres régions de penser qu’il y avait un problème avec la propagation générale de fausses informations en ligne et avec les pays étrangers qui utiliseraient les médias sociaux pour influencer les opinions politiques.

Les Québécois étaient les moins susceptibles de citer ces éléments comme des difficultés.

Le soutien au vote en ligne était faible parmi les répondants, avec un peu plus d’un tiers des candidats interrogés disant que les bulletins de vote devraient être déposés par Internet.

Dans l’ensemble, les résultats suggèrent que la moitié des candidats sont satisfaits du système démocratique, indique le rapport.

« Les deux raisons d’insatisfaction les plus fréquemment citées au sujet du fonctionnement de la démocratie au Canada sont le manque de représentation proportionnelle et le fait que le système uninominal majoritaire à un tour ne reflète pas les préférences des électeurs. »