(Ottawa) Le régime iranien s’engage à envoyer en Ukraine ou en France les boîtes noires de l’appareil abattu par les forces armées iraniennes. Mais le Canada veut les voir avant de le croire.

Mélanie Marquis Mélanie Marquis
La Presse

Les autorités iraniennes ont affirmé mercredi matin devant l’assemblée de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), à Montréal, qu’elles allaient transférer les enregistreurs de vol afin que leurs données puissent être analysées par des experts internationaux.

« Ce sont des mots qui sont bienvenus ; ça fait des semaines que les victimes attendent d’avoir cette nouvelle-là. On veut tous la transparence, on veut tous la vérité. C’est un pas dans la bonne direction », a réagi le ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne.

« Mais évidemment, je vais continuer de juger l’Iran par leurs actions et non par leurs paroles. On va voir s’ils suivent ce qu’ils nous ont affirmé », a-t-il ajouté en point de presse dans le foyer de la Chambre des communes.

Quelques heures auparavant, à Montréal, son collègue aux Transports, Marc Garneau, pressait les membres de l’OACI de rappeler le régime iranien à l’ordre pour qu’il se conforme à ses obligations internationales.

Le vol 752 de la compagnie aérienne Ukraine International Airlines s’est écrasé le 8 janvier dernier, tuant du coup les 176 passagers à bord, dont 55 Canadiens, après avoir été atteint de deux missiles tirés par les forces iraniennes.

Puisque l’accident remonte à plus de deux mois maintenant, Téhéran était en contravention avec les dispositions inscrites à l’annexe 13 de la Convention relative à l’aviation civile internationale.

En vertu de celle-ci, l’État où un accident d’aéronef survient se doit de produire un rapport préliminaire dans les 30 jours qui suivent la date de l’accident. Si l’État en question n’a pas l’expertise requise, il doit confier l’analyse à un autre pays.